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21.11.2008

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Revue de Presse | 21.11.2008

 

À LA UNE

Petite réforme agricole de l'UE

Petite réforme agricole de l'UE

 

Les ministres de l'Agriculture de l'UE ont décidé de réaménager la politique agricole commune. Les aides directes aux agriculteurs vont être réduites et les quotas laitiers augmentés progressivement d'ici 2015. La presse européenne considère les résultats de cette réunion comme insuffisants.

Extraits des publications suivantes:
The Daily Telegraph - Royaume-Uni, die tageszeitung - Allemagne, Pražský deník - République tchèque, Turun sanomat - Finlande

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Le quotidien The Daily Telegraph pense que les négociations à Bruxelles pour la réforme de la politique agricole commune ne constituent pas de véritable avancée. "Le rythme de l'évolution vers une politique agricole commune simplifiée, davantage tournée vers le marché, semble marquer le pas. L'éventuelle suppression des quotas laitiers aidera les agriculteurs les plus productifs, mais pas avant 2015. Plus d'argent sera consacré à la préservation du paysage, mais les avantages seront moins perceptibles ici que sur le continent. En outre, les déformations qui désavantagent l'agriculture britannique persistent sur le marché. On attend des ministres européens qu'ils suppriment une fois pour toutes la superstructure protectionniste de l'agriculture de l'UE. Au rythme où vont les choses cela prendra encore 30 ans." (21.11.2008)

die tageszeitung - Allemagne

Un changement radical est nécessaire en matière de politique agricole commune de l'UE. Mais selon le quotidien allemand die tageszeitung, la réunion des ministres de l'agriculture de l'UE n'aboutira pas à un tel résultat. "Le tournant agricole a été une nouvelle fois reporté. Les agriculteurs européens pourront à l'avenir produire davantage de lait pour un marché qui n'existe pas. Dans leur 'bilan de santé' de la politique agricole, les ministres de l'agriculture de l'UE se sont mis d'accord pour maintenir dans une large mesure les subventions accordées aux grosses exploitations, et de ne conditionner leur octroi que par des critères écologiques partiels. On n'entrevoit toutefois aucune éclaircie. Car ce compromis anodin pourrait avoir un effet lié à ses origines, et non à ses résultats. Dans les débats préalables, les lignes de conflits se sont révélées plus claires qu'à l'accoutumée . … Ce processus de discussion est une chance. Car une véritable réforme de l'agriculture ne peut être réalisée qu'avec les agriculteurs, et non contre eux." (21.11.2008)

Pražský deník - République tchèque

Le quotidien Pražský deník critique les subventions agricoles : "La question primordiale concerne le sens des subventions agricoles. Seuls cinq pour cent des Européens travaillent dans l'agriculture. Pourtant, la moitié du budget de l'Union leur est alloué. Le secteur agricole européen s'effondrerait-il sans ces subventions ? Les Européens arrêteraient-ils de manger ? Les paysans européens seraient-il dépassés par la concurrence extracommunautaire ? N'importe quel libéral qui se respecte dit que les subventions faussent le marché. Mais dès que les détracteurs de ces aides arrivent au pouvoir, ils défendent cette déformation par tous les moyens. Cela semble paradoxal, mais c'est ainsi." (21.11.2008)

Turun sanomat - Finlande

La réforme agricole européenne ouvre de nouvelles possibilités de subventions nationales, se félicite le quotidien Turun Sanomat. Chaque fois que la politique agricole de l'Union européenne est modifiée, les contribuables finlandais exigent "que les intérêts vitaux de notre agriculture soient préservés. ... Le MTK [union des agriculteurs] s'est déclaré satisfait de la flexibilité obtenue par la Finlande. Il considère que cette solution va dans le bon sens mais qu'elle est insuffisante. Il est toutefois clair que la production laitière et bovine en Finlande est menacée. ... Il faut que l'agriculture et le ministère trouvent ensemble le moyen de garantir l'élevage et d'être le plus rentable possible." (21.11.2008)

POLITIQUE

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

La politique environnementale divise l'unité européenne

L'unité européenne se fissure en ce qui concerne les négociations des mesures environnementales, remarque le quotidien La Voix du Luxembourg : "Hier, assez logiquement lorsque l'on connaît la volonté féroce du Parlement européen d'être reconnu comme un lieu de vie politique responsable, les députés européens ont repoussé leur vote sur le paquet énergie-climat, qui doit permettre à l'Europe de réduire de 20 % sa consommation d'énergie d'ici 2020 tout en ayant recours à 20 % d'énergie renouvelable. Car la «belle» unité qui a valu à propos de la Géorgie puis de la crise financière a vécu, emportant avec elle l'exemplarité dont voulaient se revendiquer les Européens. ... La France veut surtout un accord dès la première lecture au Parlement européen avant la fin de sa présidence. L'Allemagne rechigne à payer pour les droits d'émission de CO2, comme la Belgique, la Pologne, l'Italie, et certains pays de l'Est, en raison de leur tissu industriel, trop centré sur la chimie ou trop dépendant du charbon. L'UE est loin de pouvoir se retrouver débarrassée de ces dissensions nationales... ." (21.11.2008)

Pravda - Slovaquie

C'est maintenant au tour de Budapest d'agir

Le gouvernement slovaque a décidé après la réunion de crise entre le Premier ministre slovaque, Robert Fico, et son homologue hongrois, Ferenc Gyurscány, de prendre plusieurs mesures en vue d'améliorer les relations entre ces pays voisins. Les manuels scolaires destinés à la minorité hongroise devraient entre autres mentionner de nouveau les noms de lieux hongrois. Le quotidien de gauche Pravda salue cette décision et écrit à ce sujet : "Fico a mis en œuvre plutôt rapidement et dans leur quasi-totalité les promesses qu'il avait faites à son collègue hongrois. C'est maintenant au tour de la minorité hongroise et surtout de Budapest d'agir. Depuis longtemps, ce qui pose problème [dans les relations hungaro-slovaques], ce n'est plus ce que Fico fait mais ce que Gyurscany ne fait pas." (21.11.2008)

Politiken - Danemark

Le procès Politkovskaïa est une farce

Le quotidien de Copenhague se dit déçu par la façon dont est mené le procès du meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa : "Le procès tourne à la farce car ni le tueur sur gage présumé ni son commanditaire ne sont sur le banc des accusés et il devient clair qu'un nouveau coup fatal est porté à la liberté d'expression pour laquelle Politkovskaïa s'est battue. Dmitri Medvedev, le successeur du président Vladimir Poutine, a certes pointé du doigt certaines carences dans la démocratie mais il prend néanmoins la défense des régressions qu'a connues la Russie sous Poutine. … Medvedev a annoncé dès le début qu'il poursuivrait le 'plan de Poutine'. Le fait qu'il ait endossé la responsabilité du pouvoir dans une Russie différente où une forte croissance à cédé la place à la récession, ne l'a pas fait changer de cap. Il a au contraire ordonné de réagir avec fermeté aux troubles sociaux qui surgissent dans le sillage de la crise." (21.11.2008)

To Ethnos - Grèce

Requiem pour la gauche espagnole

Lors de son congrès du week-end dernier, le parti divisé de la Gauche unie (Izquierda Unida, IU) s'est éloigné un peu plus de l'unité nécessaire. Les 790 délégués ne sont pas parvenus à élire un nouveau chef de parti. Le journaliste renommé Giorgos Delastik fait le commentaire suivant dans le quotidien To Ethnos : "Depuis sa fondation il y a 22 ans, le parti est pour la première fois sans président et donne l'image d'être au bord de la dissolution. … La Gauche unie a réuni en 1986 le parti communiste espagnol et les socialistes de gauche. … Elle a réveillé l'espoir d'un grand parti de gauche. Mais cet espoir s'est vite estompé en raison de l'incapacité du parti à rallier les différentes positions politiques … . La parti a tant perdu de sa force d'attraction que même le 'patriarche de l'eurocommunisme', l'ex-secrétaire du Parti communiste espagnol, Santiago Carillo, vote aujourd'hui pour le Premier ministre Zapatero !" (20.11.2008)

RÉFLEXIONS

Heti Válasz - Hongrie

András Lánczi sur le changement de la politique culturelle en Europe

Dans l'hebdomadaire conservateur Heti Válasz, le philosophe András Lánczi s'interroge sur le déclin et la déliquescence de la culture politique en Europe. "Aujourd'hui nous ne disons plus 'Guten Tag' [bonne journée] mais 'Schönen Tag' [belle journée], ce qui est bien sûr un anglicisme, fruit d'un snobisme arrogant. Mais celui-ci exprime aussi une façon de penser : nous échangeons des concepts moraux contre des concepts pragmatiques qui décrivent des positions et des rapports. En d'autres termes, une personne affirme un jour être communiste, libérale ou anarchiste, et elle peut affirmer le contraire le lendemain. … Autrefois, une personne était condamnée parce qu'elle avait enfreint les règles morales et juridiques de la communauté. Aujourd'hui, elle est condamnée parce qu'elle persiste à porter un jugement moral. Nous tenons ici deux langages. En réalité, la langue des élites politiques s'est divisée et c'est pour cette raison qu'ils ne peuvent plus se comprendre au sens propre du terme. La jalousie réciproque fait le reste. La culture européenne reposait autrefois sur un ordre moral mondial. Des attitudes telles que la confiance, la fidélité, la sincérité, la honte et la générosité ont perdu du terrain. Au lieu de cela, nous pouvons aujourd'hui observer, sous couvert de 'tolérance', une pensée politique du pouvoir orientée et hypocrite, et une poursuite arrogante et sans scrupules des intérêts personnels." (21.11.2008)

Helsingin Sanomat - Finlande

Marjut Jyrkinen et Suvi Keskinen sur la violence contre les femmes en Finlande

En Finlande, la violence contre les femmes constitue un problème social majeur. C'est ce qu'expliquent Marjut Jyrkinen et Suvi Keskinen de l'université de Tampere, dans une tribune publiée dans le principal quotidien de Finlande, Helsingin Sanomat : "Les tragédies familiales récentes – quatre morts à Oulu, deux à Porvoo et deux autres à Helsinki – s'expliquent par des difficultés économiques, des dépressions ou la 'douleur de l'échec'. On parle de façon erronée de décès dans la famille et de suicides répandus. La Finlande est un Etat fortuné dans lequel la population vit plutôt bien. Pourtant, toutes les deux semaines, une femme est tuée par son mari ou par son ex-mari. … Par rapport à sa population, la Finlande fait partie des pays dans lesquels la fréquence de femmes tuées est la plus élevée. La violence des hommes contre les femmes est un problème sérieux et très répandu en Finlande. … Ce qui caractérise la violence faite aux femmes, c'est qu'il ne s'agit pas de dérapages individuels mais d'une violence continuelle et persistante. … La violence et l'abus de pouvoir sont rarement dus au hasard. … L'image traditionnelle de l'homme continue d'être largement répandue en Finlande, même si le rôle des femmes et leur niveau d'éducation ont considérablement évolués au cours des dernières années." (21.11.2008)

ÉCONOMIE

Jornal de Negócios - Portugal

L'Etat doit aider l'industrie automobile à sortir de la crise

Dans le quotidien économique Jornal de Negócios, Helena Garrido compare la crise actuelle à un tremblement de terre et plaide pour des aides financières pour les constructeurs automobiles : "Après un tremblement de terre, on ne discute pas [non plus] du nombre de millions qu'il faut investir pour sauver les survivants et enterrer les morts. Nous traversons actuellement un tremblement de terre économique et financier dont les conséquences touchent l'économie dans son ensemble. Il faut employer l'argent des impôts pour sauver les gens. ... La question est de savoir si l'Etat, autrement dit nous les contribuables, devons aider aussi d'autres branches. Sauver chaque petite entreprise avec l'argent des impôts n'a aucun sens. L'industrie automobile représente cependant un problème pour la société. L'insolvabilité des fabricants automobiles américains et européens a les mêmes conséquences que le séisme financier. ... Ce sont des cas exceptionnels qui nécessitent des mesures extraordinaires. Le marché libre devra ensuite être rétabli le plus vite possible." (20.11.2008)

Les Echos - France

L'avantage des constructeurs automobiles français

Les constructeurs automobiles français reposent sur des traditions fortes et pourraient sortir renforcés de la crise, estime le journal économique les Echos : "La question est de savoir dans quel état les constructeurs français sortiront de ce qui s'annonce comme l'un des plus formidables coups de tabac qu'a connus l'industrie automobile mondiale. Et, au risque de surprendre, la réponse pourrait être beaucoup plus optimiste qu'on l'imagine. Il est tout de même bon de rappeler qu'au moment où l'on se tourmente pour nos deux champions nationaux, les 'big three' américains en sont réduits à quémander des subsides au Sénat pour éviter tout simplement la faillite. Or rien de tel n'existe en France. Renault comme Peugeot et Citroën disposent de l'un des outils industriels les plus performants d'Europe. Surtout, le positionnement de leurs gammes respectives, construites à l'issue d'un inlassable travail de marketing, est beaucoup mieux ajusté à la demande mondiale que celle des 'big three'. Enfin, il n'est pas interdit de penser que Peugeot et, dans une moindre mesure, Renault cherchent à profiter de cette période noire pour améliorer leur productivité et se préparer au prochain rebond." (21.11.2008)

CULTURE

La Repubblica - Italie

Victoire pour la langue de Dante

En 2004, l'Italie avait porté plainte contre un appel d'offres externe à l'UE, publié uniquement en trois langues. La Cour européenne de justice lui a donné raison hier. Le quotidien La Repubblica voit dans ce verdict une victoire pour la langue de Dante Alighieri : "Avec d'autres pays comme l'Espagne et la Lituanie, l'Italie s'est opposée à la prédominance de l'anglais et du français, auxquels s'est ajouté l'allemand. ... On continuera de défendre la diversité des langues et leur égalité de traitement. D'ailleurs, des voix s'élèvent pour que toutes les langues soient représentées lors des assemblées de l'UE, y compris celles considérées comme exotiques par la majorité des Européens - comme le gallois et le maltais. Ces exigences sont légitimes même si à Bruxelles, devenue une véritable de tour de Babel, le multilinguisme constitue un gros problème, avec ses tonnes de documents et de protocoles traduits quotidiennement." (21.11.2008)

Kultura - Bulgarie

Pour un esprit critique

L'historien Ivan Iltschev critique dans le magazine hebdomadaire Kultura les déficits de la formation universitaire et estime que "l'université doit enseigner aux jeunes gens la pensée critique et la nécessité d'exprimer ouvertement leur opinion personnelle. L'esprit critique fait avancer la société. L'université doit aussi apprendre aux jeunes gens à oser faire des erreurs. En effet, le fait de faire des erreurs est aussi la garantie qu'on progresse : on s'écarte ainsi du mauvais chemin pour rejoindre le bon. ... C'est pourquoi je dis à mes étudiants que l'on n'attend pas d'eux qu'ils reconstituent uniquement une chronologie. Ce qui est important c'est de déterminer à quelle époque se situent les événements, les guerres et quels sont leurs liens avec l'évolution humaine et d'autres événements politiques et culturels. L'université devrait lutter contre l'appauvrissement de l'éducation qui s'empare à grands pas de la société bulgare." (21.11.2008)

SPORT

Romania Libera - Roumanie

La Roumanie et la Bulgarie candidates pour l'Euro de football 2020

La Bulgarie et la Roumanie veulent conjointement organiser l'Euro de football 2020. Le journal Romania libera écrit à ce propos : "Pour le championnat d'Europe de football 2012, la Pologne et l'Ukraine doivent investir ensemble 100 milliards (oui milliards) d'euros juste pour assainir leurs infrastructures. Des infrastructures qu'on ne peut comparer à celles de la Roumanie … . Il faut également investir dans de nombreux autres domaines : l'édification de stades 'd'élite' … , la modernisation des gares et des aéroports, et la construction d'hôtels … . La Pologne et l'Ukraine ont obtenu l'organisation de l'Euro 2012 car elles ont bénéficié d'un contexte qui ne devrait plus se reproduire. C'est le résultat des manœuvres en coulisse de ceux qui soutenaient la candidature de Michel Platini au poste de président de l'UEFA. Pour devenir président, Platini ne comptait pas les pays occidentaux comme alliés, mais les petites puissances de l'Est. … Va-t-il de nouveau prendre le risque de se prononcer fortement pour la Roumanie ? Certainement pas." (21.11.2008)

 

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