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03.12.2008

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À la une de mardi, 2. septembre 2008


Réponse européenne

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se sont entendus hier dans le cadre d'un sommet extraordinaire à Bruxelles sur une réponse commune à la crise dans le Caucase. La presse européenne débat du résultat.


El Mundo - Espagne

Le sommet de crise à Bruxelles a montré que le principe du consensus empêchait l'UE de mener une politique extérieure crédible, écrit le quotidien El Mundo : "Une fois de plus, les membres de l'Union ont montré que pour se mettre d'accord, ils doivent rechercher le plus petit dénominateur commun qui se réduit à une rhétorique sans contenu qui sonne bien. … Ils se limitent à exiger 'un comportement responsable' de la part de Moscou et ignorent le fait que les Russes n'ont pas respecté le compromis négocié par le [président du Conseil de l'UE en exercice] Sarkozy, sans que ceci n'ait eu la moindre conséquence. La crise en Géorgie a montré une fois de plus l'incapacité de l'UE à présenter une politique extérieure et de défense crédibles. … Même s'il est souhaitable que l'Union européenne face honneur à son nom et agisse de façon consensuelle, la crise en Géorgie a de nouveau montré que le grand devoir de l'UE est la politique extérieure. Nous ne devons pas permettre que notre capacité à agir ensemble réduise constamment à néant notre détermination à atteindre un objectif." (02.09.2008)


Gazeta Wyborcza - Pologne

Selon le quotidien Gazeta Wyborcza, un revirement d'opinion a été visible au sein de l'UE à l'occasion du sommet extraordinaire : "La vieille Europe commence à observer la Russie avec son deuxième œil, son œil de l'Est. … Les grands pays voyaient dans la Russie un partenaire commercial, un fournisseur d'énergie et une puissance mondiale qui pouvait aider (et aide) l'Europe en Afrique, en Afghanistan et dans la lutte contre l'Iran. Nous, les nations situées derrière l'ancien rideau de fer, voyions les choses différemment. La Russie représente une menace pour nous – avec une extorsion menée à l'aide de missiles et d'embargos commerciaux. Avec son intervention en Géorgie, la Russie s'est présentée à l'occident sous son plus mauvais jour, dont Berlin ou Paris soupçonnaient jusque-là à peine l'existence. Les Allemands et les Français n'avaient entendu parler d'une telle agressivité de la Russie que par les Polonais, les Lettons et les Lituaniens, mais ils avaient mise celle-ci sur le compte de notre histoire difficile. Ils y croient désormais. [L'actuel président du Conseil de l'UE] Sarkozy a déclaré après le sommet qu'un retour à la politique des sphères d'influence n'était pas acceptable et que Yalta faisait partie du passé. Ces mots vont résonner encore longtemps au Kremlin." (02.09.2008)


Tribune de Genève - Suisse

Le quotidien La Tribune de Genève salue le choix de l'UE, à l'occasion du sommet extraordinaire, de suivre la voie diplomatique vis-à-vis de la Russie : "La marge de manœuvre était étroite. …Les Vingt-Sept [Etats membres] … ont décidé d'utiliser la seule arme dont ils disposent face à la puissance militaire russe: la diplomatie. … Si au premier abord la décision du Conseil européen peut paraître dérisoire, elle est, à la réflexion, aussi inattendue que subtile. Inattendue d'abord, parce qu'elle a été prise sans trop de problème par des Vingt-Sept que l'on disait divisés. Subtile, ensuite, parce qu'elle n'est pas aussi dramatique que les sanctions réclamées par certains, qu'elle laisse ouvert le dialogue et met la balle dans le camp russe. …Cette affaire aura confirmé que la guerre froide est bel et bien finie, tant la Russie et l'Europe sont devenues des partenaires profondément interdépendants." (02.09.2008)


La Repubblica - Italie

Pour le quotidien La Repubblica, le sommet de crise d'hier inaugure une nouvelle ère de politique étrangère pour l'UE. "Cette rencontre au sommet a été une pierre de touche et constitue un début. Un début pour l'Europe, qui doit voler de ses propres ailes, sans tuteur, sans puissance protectrice pour la soutenir. .. L'Europe n'est plus un élément dans l'équilibre entre deux puissances mais détient même un rôle de régulateur de cet équilibre. … Cette nouvelle Europe est venue au monde au forceps de cette crise. Une naissance qui correspond en même temps à un retour vers le passé, aux anciennes relations interétatiques, qui semblaient avoir été dépassées par la mondialisation galopante. … En ce qui concerne l'ancien concept d'équilibre des forces, une admission de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'OTAN aurait considérablement perturbé cet équilibre dans le Vieux Continent." (02.09.2008)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 2. septembre 2008

 

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