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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 02.07.2008

 

À LA UNE

Le coup de grâce pour le traité de Lisbonne ?

Le coup de grâce pour le traité de Lisbonne ?

 

Le président de la Pologne, Lech Kaczyński, refuse de signer le traité de Lisbonne bien que le Parlement polonais l'ait déjà adopté. De même, dans d'autres pays comme la République tchèque, l'Autriche ou l'Allemagne, la ratification du traité est désormais menacée. Le traité de Lisbonne est-il définitivement enterré ?

Extraits des publications suivantes:
Polityka Blog - Pologne, Népszabadság - Hongrie, Právo - République tchèque, Corriere della Sera - Italie, Libération - France

Polityka Blog - Pologne

Après la déclaration du président polonais Lech Kaczyński selon laquelle il ne signera pas le traité européen, le journaliste Adam Szostkiewic s'inquiète sur le blog du magazine d'information libéral de gauche Polityka de la réputation de la Pologne dans l'UE : "Kaczyński a réduit à néant le sens de sa rencontre avec d'autres politiques européens sur la question du traité de Lisbonne, et en premier lieu avec [le président français] Sarkozy. Paris ne l'oubliera pas. Berlin et Bruxelles ne l'oublieront pas non plus. Naturellement, il semble improbable de ranimer le traité de Lisbonne. Mais cela ne signifie pas pour autant que cela n'a aucune importance que Kaczyński ne signe pas la ratification du traité. Ce serait mieux qu'il le signe. … Le populisme du [parti de droite conservateur du président et d'opposition] PiS n'est pas nouveau. Dans la question européenne le PiS se rallie à la droite nationaliste antieuropéenne et à la gauche idéologique antieuropéenne. Ces forces s'efforcent de faire échouer l'Union." (02.07.2008)

Népszabadság - Hongrie

Le quotidien interrégional Népszabadság estime que les eurosceptiques ont le vent en poupe dans toute l'Europe : "Nicolas Sarkozy, qui est depuis hier à la tête de l'UE, a dû encaisser deux mauvaises nouvelles dès le début de son mandat. Ni le président allemand, ni le président polonais n'ont ratifié le 'traité de Lisbonne' - du moins pour l'instant. … La résistance de Horst Köhler semble être plutôt d'ordre formel. … Il faudra également convaincre le président polonais, Lech Kaczynski, mais celui-ci exige beaucoup en contrepartie. … Dans la plupart des pays membres de l'UE, la ratification du 'traité de Lisbonne' s'est plus ou moins déroulée sans accrocs. Mais il serait naïf de croire que les eurosceptiques ont pour autant perdu du terrain - exception faite naturellement des Irlandais. Il est tout à fait possible que Lech Kaczynski ou que le président tchèque Václav Klaus mettent un coup de frein à l'intégration européenne." (02.07.2008)

Právo - République tchèque

Le président tchèque Václav Klaus a expressément salué l'annonce faite par son homologue polonais Lech Kaczyński concernant son intention de ne pas signer le traité de Lisbonne. Le politologue Jiří Pehe se montre très critique à l'égard "des cris de joie venant du Château de Prague" : "La République tchèque, de par son attitude envers le traité de Lisbonne, se met dans une situation qui menace sérieusement sa présidence de l'UE au cours du premier semestre 2009. La diplomatie de Prague surestime malheureusement une nouvelles fois sa force, ce qui commence à irriter le reste de l'UE. Et même au-delà. La République tchèque se fait l'ennemi de ceux qui attendent impatiemment de pouvoir adhérer à l'UE. Les Français et les Allemands ont clairement indiqué que sans une réforme des institutions, aucun élargissement supplémentaire de l'Union n'aurait lieu. Klaus avait promis son aide aux candidats. En réalité, notre pays devient un obstacle pour ces pays." (02.07.2008)

Corriere della Sera - Italie

Le quotidien Corriere della Sera commente la crise de l'UE liée au traité de Lisbonne et recommande de procéder à un nouvel engagement. "Kaczyński n'est pas l'unique rabat-joie. En République tchèque, on attend la décision de la Cour suprême. … Même si l'avis devait s'avérer positif, le président tchèque, Václav Klaus, aura comme en Pologne le dernier mot. … Même si les obstacles devaient être surmontés à Varsovie et à Prague, il faut préparer le terrain pour un second référendum en Irlande. Il semble que l'Europe aboutisse de nouveau dans l'impasse dans laquelle elle s'était retrouvée suite au rejet de la Constitution par les Français et les Hollandais en 2005. Il ne manque plus que l'on évoque un temps nécessaire de réflexion, ce qui reviendrait à un aveu de paralysie. …. L'Union européenne a besoin d'un engagement clair, peu orthodoxe, qui puisse être accompagné d'une clairvoyance d'hommes d'Etat. Sarkozy peut-il lancer le mouvement ?" (02.07.2008)

Libération - France

La Libération s'interroge sur les conséquences du refus du président polonais sur la présidence française de l'UE: "La mauvaise passe continue. Au moins en apparence. Quelques heures à peine après le début, hier, de la présidence française de l'Union européenne, le président conservateur polonais Lech Kaczyński annonçait … qu'il ne signerait pas le traité européen de Lisbonne. … C'est un nouveau coup dur pour Paris qui espérait éviter une aggravation de la crise et un effet de contagion parmi les huit pays qui n'ont pas encore formellement ratifié ce texte." (02.07.2008)

POLITIQUE

Postimees - Estonie

Une présidence slovène de l'UE discrète

Le quotidien estonien Postimees revient sur la présidence slovène de l'UE : "Il est remarquable que le premier mandat d'un nouveau membre de l'UE arrive à terme sans que cela ne soit particulièrement souligné par qui que ce soit. Grâce à l'appellation 'traité de Lisbonne', la précédente présidence portugaise est en tout cas toujours présente. La France a elle commencé son mandat hier si bruyamment que cela ne pouvait échapper à personne. Mais même si Ljubljana a mené sa présidence de manière discrète, elle peut toujours s'estimer heureuse de ne pas avoir non plus attirer sur elle une attention négative. Pour le moment la critique se concentre bien plus sur l'Irlande, en raison de son rejet du traité de Lisbonne." (02.07.2008)

Le Monde - France

Le Parlement en pleine surchauffe

Dans le quotidien Le Monde, onze collaborateurs de députés socialistes dénoncent l'hyperactivité du Parlement français : "Pendant que l'orchestre présidentiel joue la petite musique de la réforme constitutionnelle, le navire parlementaire sombre lentement. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy et le début de la XIIIe législature, en juin 2007, 97 lois ont déjà été promulguées. … Ce serait un non-sens de tirer fierté de l'amoncellement de lois nouvelles, aussi mal rédigées et examinées qu'elles sont pensées rapidement, au fil de l'actualité. … Le Parlement siège désormais presque en continu. … Le calendrier parlementaire est modifié quasi quotidiennement, interdisant toute réflexion sur des textes découverts au dernier moment. … Le gouvernement impose au Parlement son rythme, et privilégie son intérêt médiatique et tactique à l'intérêt général." (02.07.2008)

die tageszeitung - Allemagne

Echanges de coups en Turquie

Avec le début hier de la procédure d'interdiction du parti au gouvernement AKP, 24 opposants de l'AKP ont été arrêtés. On leur reproche d'avoir fomenté un putsch contre le gouvernement. Pour le quotidien de gauche die tageszeitung, ceci est le début d'une évolution importante : "Dans le fond, la procédure et les confrontations qui s'y rattachent font partie d'une grande expérience unique au monde : une société dont les membres sont majoritairement adeptes de l'Islam, qui dispose de la séparation de l'Etat et de la religion, qui présente la séparation des pouvoirs et garantit les libertés individuelles, sans qu'une partie de la société n'essaye d'imposer ses conceptions avec violence à l'autre partie. … Le danger que ce conflit dégénère est toujours présent. Mais tant que cela fonctionne sans qu'on en vienne aux armes, tant que l'armée se tient à l'écart et que l'autre partie respecte les institutions étatiques existantes, un nouvel équilibre des forces va peu à peu se développer. Cela va encore prendre des années mais pourrait aussi devenir un modèle important pour le Proche-Orient et pour l'Europe." (02.07.2008)

Lidové noviny - République tchèque

Le fonds pour l'avenir germano-tchèque a dix ans

Les festivités pour les dix ans de l'existence du fonds pour l'avenir germano-tchèque ont débuté hier à Prague. Le fonds est une institution créée suite à la déclaration de réconciliation entre Berlin et Prague en 1997. Longtemps correspondant à Prague pour l' agence de presse allemande Dpa, Wolfgang Jung fait l'éloge de ce fonds dans une tribune accordée au quotidien Lidove Noviny. Ce fonds est selon lui "un cadre pour le développement d'une coopération authentique. Avec ce fonds, l'Allemagne a trouvé le moyen de jouer un rôle de partenaire au niveau international. Du côté tchèque, il semble que le pays est en mesure de résoudre des questions et des conflits du passé sans pour autant les occulter. … L'importance du fonds va plus loin : il s'agit d'investissements dans des projets à l'aide desquels les citoyens des deux pays peuvent apprendre à mieux se connaître et mieux se comprendre." (02.07.2008)

RÉFLEXIONS

Delo - Slovénie

Le rôle de l'élargissement de l'UE pour les Balkans

Dejan Verčič, professeur de Relations publiques à l'Université de Ljubljana, s'interrgoe dans une tribune pour le quotidien Delo sur l'importance des Balkans pour la Slovénie. "La paix chez nos voisins est comparable à un trajet à bicyclette. Tant que les pays situés entre Ljubljana et Athènes suivent le cap d'une intégration entièrement légitime dans l'Union européenne, tout ira bien. … S'ils étaient en revanche contraints à interrompre leur course, ils chuteraient probablement. Et cela peut arriver bientôt. Après le non irlandais au traité de Lisbonne, un élargissement supplémentaire de l'UE aux pays de l'Ouest des Balkans est devenu improbable. … Ce n'est pas bon pour la Slovénie. … La paix est aussi synonyme de croissance économique, l'espoir pour de nombreuses entreprises et de banques slovènes de réaliser enfin quelques affaires dans la région. … La stratégie de la Slovénie est connue depuis longtemps et dis en substance : laissez-nous en paix. Mais que se passera-t-il si la paix n'existe plus autour de nous ?" (02.07.2008)

International Herald Tribune - France

Le dialogue entre la Russie et les Etats-Unis

Dans le quotidien International Herald Tribune, l'ancien ministre américain des Affaires étrangères et Prix Nobel de la Paix Henry Kissinger analyse les nouvelles relations entre les Etats-Unis et la Russie : "J'ai le sentiment que la politique russe est entrée dans une nouvelle phase. … Quelle qu'en soit l'issue finale, les élections présidentielles ont marqué une transition entre une phase de consolidation et une phase de modernisation. … Le fonctionnement du gouvernement russe avec deux pôles de pouvoir - du moins au départ - peut ressembler avec le recul au début d'une évolution vers une forme de séparation des pouvoirs qui n'existait pas jusqu'à présent. … La politique [américaine] de forte ingérence dans ce que la Russie considère comme sa propre compréhension personnelle, comporte le risque de mettre en échec aussi bien les objectifs géopolitiques que moraux. … Les dirigeants russes ont conscience de leurs limites stratégiques. Je décrirais la politique russe sous Poutine comme une politique marquée par la quête d'un partenaire stratégique fiable, avec l'Amérique en premier choix. … La déclaration des présidents Bush et Poutine à Sochi en avril dernier a dessiné les contours d'un début de dialogue stratégique entre les deux parties. Il incombe maintenant aux nouveaux gouvernements en Russie et en Amérique de lui donner un nouveau contexte opérationnel." (02.07.2008)

ÉCONOMIE

Sme - Slovaquie

La France ouvre son marché du travail

La France a ouvert hier son marché du travail aux Européens de l'Est. Le journal libéral slovaque Sme rappelle que le personnage de l'installateur polonais faisait encore peur il y a trois ans : "C'est la raison pour laquelle les Français avaient rejeté la constitution européenne lors de leur référendum. Mais les temps changent. … La nouvelle stratégie de Sarkozy correspond à l'importance que Paris donne aux relations privilégiées avec l'Europe de l'Est. Les Français commencent à comprendre que l'ouverture du marché du travail n'entraînera pas automatiquement une augmentation des propres chiffres du chômage. Par conséquent, les employeurs ne sont pas les seuls à plaider pour l'ouverture du marché. Les syndicats y sont aussi favorables." (02.07.2008)

Tribune de Genève - Suisse

Des jours prometteurs pour les marques de luxe genevoises

Le site Internet de ventes aux enchères eBay va devoir payer une amende élevée au groupe d'articles de luxe LVMH parce qu'il a proposé des produits de marque contrefaits sur son site. Le jugement français pourrait enrichir encore plus les marques de luxe suisses, prédit le journal régional Tribune de Genève : "Les fabricants de montres de luxe suisses s'en réjouissent. En France, le site d'enchères eBay a été condamné à verser 64 millions de francs suisses à la marque de luxe LVMH. Celle-ci a reproché au géant américain du web la revente de ses produits, et ce qui est pire encore, de permettre les contrefaçons. … Avec une amende de plus de 60 millions de francs suisses, les arguments des juges ont soudain un autre poids. Par le passé, les commerçants sur Internet avaient déjà faits de vagues promesses de combattre la contrefaçon. A présent cette lutte va devenir une priorité, voire même une obligation." (01.07.2008)

Financial Times - Royaume-Uni

Problèmes de visa russe pour BP

Les directeurs étrangers du groupe énergétique russo-britannique TNK-BP, un regroupement de British Petrol (BP) et du groupe russe TNK, ne peuvent plus obtenir de visa pour la Russie. Un commentaire dans le quotidien Financial Times rappelle les points suivants : "Au premier abord, les partenaires de TNK-BP semblent être divisés sur la question de la direction du groupe, question sur laquelle les propriétaires russes reprochent à BP d'avoir commis certaines erreurs. … Mais en réalité, il s'agit plus d'un conflit portant sur la question du contrôle entre BP et les quatre oligarques [russes] qui possèdent chacun la moitié des parts. … BP ne semble pas être la cible d'une conspiration concertée du Kremlin. Mais l'entreprise pourrait être la victime d'une lutte pour le pouvoir au sein de l'administration dont pourraient bien profiter les partenaires de BP. Comme toujours : Monsieur Medvedev doit maintenant être au-dessus de tout ça et tenir sa promesse de préserver l'Etat de droit. S'il ne la tient pas, la réputation de la Russie s'en trouvera entachée auprès des investisseurs étrangers." (02.07.2008)

CULTURE

Svenska Dagbladet - Suède

Des citronniers palestiniens devant la Cour suprême

Le quotidien Svenska Dagbladet fait la critique du film "Les citronniers", l'histoire d'une Palestinienne, Salma, qui engage des poursuites auprès de la Cour suprême pour tenter de sauver ses citronniers situés sur la frontière de la Cisjordanie, ceux-ci devant être abattus pour des raisons de sécurité. "'Mesures de sécurité', ce n'est pas une formule magique qu'Israël adresse de but en blanc pour exproprier les Palestiniens ou limiter leur droit à la propriété" cite le quotidien en reprenant les mots de l'ancien juge de la Cour suprême israélienne, Aharon Barak, et il commente : "Au contraire, toute offense doit être pondérée par la nécessité de protéger la vie. … Cela ne peut pas sauver les citronniers de Salma dans le film. Mais pour de nombreux Palestiniens et Arabes israéliens, ce sont les procédures juridiques et non les réformes politiques … , qui ont rendu leur vie un peu plus supportable." (02.07.2008)

SPORT

Dziennik - Pologne

Aucuns des retards dans les préparatifs de l'Euro 2012

Le président de l'UEFA, Michel Platini, vient discuter aujourd'hui de l'Euro 2012 en Pologne, l'un des deux pays organisateurs. Le quotidien conservateur libéral Dziennik commente les déclarations de Platini selon lesquelles il ferait tout pour tout pour que l'Euro ait bien lieu en Pologne et en Ukraine mais que la décision finale ne serait prise qu'en septembre. "Cette déclaration est une intervention tout à fait normale dans le monde des affaires. Elle vise à rappeler au partenaire l'accord qui avait été convenu. Il faut savoir que le football est une grosse affaire. L'UEFA nous a présenté une offre lucrative. Elle a attribué à la Pologne et l'Ukraine la commande des préparatifs du produit phare de l'entreprise, avec lequel elle gagne elle-même des sommes colossales et qui nous permettra de notre côté de nous enrichir. Il y a trop à perdre dans cette affaire pour se laisser aller à de quelconques actes de nervosité et se ridiculiser par la même occasion. L'argument selon lequel le retrait de la commande de l'organisation de l'Euro serait mauvais pour l'image de l'UEFA et serait l'aveu d'une erreur gênante, est également vrai. C'est notre atout supplémentaire." (02.07.2008)

 

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