szmtag

03.12.2008

euro|topics illustration
euro|topics
 

Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 08.07.2008

 

À LA UNE

Signature du pacte européen sur l'immigration

Signature du pacte européen sur l'immigration

 

A l'occasion d'un sommet informel à Cannes, les ministres de l'Intérieur des 27 ont donné leur accord au "pacte européen sur l'immigration et l'asile" portant sur une politique commune en matière d'immigration. Le texte, premier gros projet de la présidence française de l'UE, a été accepté après des discussions houleuses et plusieurs modifications. Comment la presse européenne évalue-t-elle le résultat ?

Extraits des publications suivantes:
The Irish Times - Irlande, die tageszeitung - Allemagne, La Razón - Espagne, I Kathimerini - Grèce

The Irish Times - Irlande

Pour le quotidien Irish Times, un 'pacte sur l'immigration' à l'échelle européenne n'est pas l'unique solution. "Chaque gouvernement a le droit et l'obligation de réguler les arrivées dans son pays et de définir les conditions de celles-ci. Mais dans ce monde très inégal, les pays riches et industrialisés ont également la responsabilité de partager, et pas seulement de faire du commerce. … Créer une Europe forteresse ne permettra pas d'améliorer la situation. Cela risque [plutôt] d'encourager la traite des êtres humains et de véhiculer une image négative de l'UE. Il est question d'établir un partenariat entre les Etats de l'UE et les pays d'origine des immigrés. Un tel partenariat devrait être axé à la fois sur l'aide économique et au développement, et sur la question de l'expulsion des immigrés en situation irrégulière." (08.07.2008)

die tageszeitung - Allemagne

Pour le quotidien de gauche die tageszeitung, le pacte européen sur l'immigration constitue un échec pour la présidence française de l'UE : "Il n'est en fonction que depuis une semaine que déjà le président de l'UE est durement rappelé à la réalité. Avec son 'pacte sur l'immigration', Nicolas Sarkozy avait l'intention de résoudre tous les problèmes avec lesquels les gouvernements européens sont aux prises depuis des années : les camps de réfugiés surpeuplés, les itinéraires d'immigration dangereux et les millions d'êtres dans une zone d'ombre, sans droits ni sécurité sociale, devaient être balayés d'un trait. ... Mais les êtres humains ne se laissent pas ... absorber dans un système économique comme des marchandises et renvoyer dans leur pays une fois le délai écoulé. ... L'Europe a certes besoin d'une politique migratoire d'un seul bloc. Mais elle doit être engagée envers les principes humanitaires et ne pas perdre de vue le destin individuel de chaque être humain. Ce n'est qu'à ce moment là que les Etats membres pourront s'entendre sur des bases juridiques communes." (08.07.2008)

La Razón - Espagne

Le quotidien conservateur La Razón se réjouit du projet d'une politique européenne commune en matière d'immigration. "N'en déplaise à ceux qui voient dans ce texte une tentative de transformer l'UE en une forteresse qui méprise les droits des immigrants, le Commissaire européen en charge de cette question, Jacques Barrot, a parfaitement exprimé l'esprit [du pacte] : 'L'immigration n'est pas une menace, mais il faut lui donner un cadre'. Il est clair que l'Europe et l'Espagne ont besoin de main-d'œuvre étrangère pour maintenir leur niveau de croissance. Des règles du jeu communes sont donc nécessaires pour relever ce défi de façon globale et d'une seule voix. ... Tout opportunisme politicien mis à part, bienvenue au pacte européen sur l'immigration, car il donne une réponse commune à l'un des grands défis de l'UE, formule de façon équilibrée les droits des immigrants et met également en avant leurs obligations ... d'intégration." (08.07.2008)

I Kathimerini - Grèce

Le quotidien I Kathimerini qualifie la signature du pacte sur l'immigration et l'asile "d'hypocrisie". "Devrions-nous vraiment croire qu'il existe un chef de gouvernement européen qui veuille ... de mathématiciens russes ... et d'experts informatiques indiens dans son pays ? Nous ne devrions pas nous méprendre. L'objectif de cette politique agressive n'est pas la limitation de l'immigration mais plutôt la répression, de sorte que la majorité des immigrants se retrouvent dans la situation d'un animal traqué. Les autorités ne devraient pourtant pas faire la chasse aux immigrés illégaux mais bien plus aux employeurs illégaux. De l'industriel qui embauche un ouvrier à moitié prix à chacun d'entre nous qui emploie sans sécurité sociale un maçon albanais, une femme de ménage ukrainienne ou des gardiens indiens pour notre maison de campagne." (08.07.2008)

POLITIQUE

Corriere della Sera - Italie

Crise gouvernementale en Autriche

Après seulement un an et demi, la coalition gouvernementale entre les conservateurs (ÖVP) et les sociaux-démocrates (SPÖ) en Autriche est déjà rompue. Pour le quotidien Corriere della Sera, ce sont les populistes de droite qui en bénéficient : "La crise gouvernementale a été déclenchée par Alfred Gusenbauer, chef du parti social-démocrate, dans une interview accordée au journal europhobe Kronenzeitung, dans laquelle Gusenbauer critiquait la politique pro-européenne de son parti et menaçait d'organiser un référendum sur d'éventuelles modifications du traité de Lisbonne et sur l'adhésion de la Turquie. ... La réponse de l'ÖVP ne s'est pas fait attendre. Le parti a annoncé qu'il renonçait à la coalition. Les soupçons du chef de l'ÖVP, Wilhelm Molterer, accusant le chancelier de vouloir résoudre ses problèmes de popularité en ayant recours à l'euroscepticisme, ne sont pas sans fondement. La vive réaction de l'ÖVP face à l'hostilité à l'égard de l'UE a provoqué une véritable révolte contre le chancelier, y compris dans les rangs de son propre parti. ... Le vrai gagnant dans cette histoire est le parti [populiste de droite] créé par Haider et ensuite oublié, qui se situe aujourd'hui autour des 20 pour cent et gagne du terrain." (08.07.2008)

Mladá fronta DNES - République tchèque

Des radars américains en République tchèque

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, signe aujourd'hui à Prague un accord sur l'installation d'une station radar en République tchèque pour le projet de bouclier antimissile. Près de 60 pour cent des Tchèques s'opposent à ce projet, ce que regrette le quotidien libéral Mlada fronta Dnes : "Regardons l'Allemagne, un pays pacifiste où il est de bon ton d'être antiaméricain. Pourtant personne là-bas ne demande la fermeture des bases militaires américaines, car celles-ci créent aussi des emplois allemands. Ce sera comme ça aussi en République tchèque. ... Qu'est ce qui peut davantage être dans l'intérêt de la République tchèque qu'une capacité de défense que les Américains mettent gratuitement à notre disposition ?" (08.07.2008)

The Independent - Royaume-Uni

Dégel russo-britannique ?

Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est entretenu avec le président russe Dmitri Medvedev en marge du sommet du G8. Dans le quotidien The Independent, l'éditorialiste Mary Dejevsky commente cette mauvaise relation bilatérale : "Pour faire le premier pas vers de meilleures relations, il faut accepter le fait que ce problème est aussi bien britannique que russe. ... La Grande-Bretagne est la seule à avoir attiré de nombreux immigrants russes. Certains sont considérés en Russie comme d'infâmes criminels. Ces mêmes personnes sont traitées ici comme des réfugiés politiques. Ce fossé ne pourra pas être surmonté dans un futur prévisible. ... La dimension et la sensibilité des relations économiques britanniques avec la Russie sont également uniques en leur genre. ... Le conflit actuel opposant la moitié britannique des actionnaires de la compagnie pétrolière TNK-BP à la moitié russe en est un bon exemple. Le Kremlin peut difficilement être tenu pour responsable d'une vulnérabilité survenue au sein de la structure même de l'entreprise à laquelle BP a décidé de se joindre de son propre chef. ... La Grande-Bretagne souhaite rationaliser les mauvaises relations, presque uniques, qu'elle entretient avec la Russie en les considérant comme le résultat de la politique de Moscou du 'diviser pour mieux régner'. Mais il y a une part d'illusion du côté britannique - voire de la mésinterprétation délibérée." (08.07.2008)

Politis - Chypre

Le traité de Lisbonne ratifié à Chypre

Le Parlement chypriote a ratifié le traité de Lisbonne avec une large majorité le 3 juillet dernier. Ionas Nikolaou, le vice-président du parti de centre-droite DISI, commente la décision des 17 députés du parti communiste au gouvernement (AKEL), de voter contre le traité. "Ce vote négatif du parti au pouvoir montre ... le peu de valeur que revêt la perspective européenne du pays pour le gouvernement. La question est de savoir quelle est l'ampleur de ces motifs qui ont poussé l'AKEL à voter négativement contre le traité de Lisbonne ? De quel point de vue considèrent-ils le traité pour décider que celui-ci ne renforcerait pas notre position ? ... L'argument selon lequel il ne constitue pas un traité parfait et qu'il devrait pour cette raison être rejeté, est un coup porté aussi bien à notre pays qu'à l'idée de l'intégration européenne." (07.07.2008)

RÉFLEXIONS

Expresso - Portugal

UE : personne ne veut porter le chapeau

D'après l'hebdomadaire Expresso, les gouvernements nationaux sont responsables de la méfiance des citoyens vis-à-vis de l'UE : "Au cours des dernières semaines, de nombreux gouvernements se sont étonnés de l'hostilité des citoyens européens envers les institutions européennes. Ils ne devraient pas être surpris puisqu'ils en sont eux-mêmes responsables. Depuis des années, les gouvernements revendiquent les succès obtenus dans leurs pays respectifs et rejettent la responsabilité des échecs sur la Commission européenne. Ce comportement est suicidaire car sans une Union forte, les pays de l'UE ... ne s'en sortiront pas sur une planète mondialisée. ... Une UE capable de bien gérer le marché intérieur, le commerce extérieur, la concurrence, la monnaie et bientôt l'énergie et l'environnement, c'est une UE forte. Cela ne sera cependant possible que si les Européens ne se perdent pas dans des querelles intestines inappropriées." (07.07.2008)

Le Figaro - France

Malaise dans la démocratie en Europe

Le quotidien Le Figaro analyse les problèmes actuels de la démocratie en Europe : "En cette veille de vacances qui ouvre, en principe, une phase de répit favorable aux bilans, un thème de réflexion sur les mois écoulés s'impose : le malaise de la démocratie. Certes, ce malaise n'est ni récent ni nouveau. Mais, même dans le cas français, qui fait l'objet, avec l'Italie, des diagnostics les plus pessimistes, la dernière élection présidentielle a confirmé que la politique continue de passionner l'opinion, que les électeurs demeurent fortement attachés à leurs institutions et que le clivage droite-gauche continue de donner un sens aux débats sur la justice sociale, la défense et l'écologie. ... Or si l'on excepte Mme Merkel, qui bénéfice d'une conjoncture favorable, ... aucun chef d'État ou de gouvernement européen n'échappe plus à une crise de confiance devenue générale." (07.07.2008)

ÉCONOMIE

Les Echos - France

Le "Small Business Act" à l'européenne manque d'ambition

Le journal économique Les Echos analyse le nouveau "Small Business Act" de la Commission européenne, une directive pour le développement des petites et moyennes entreprises (PME) en Europe : "La définition européenne des PME recouvre une réalité très vaste, très diverse, qui va de la société employant des centaines de personnes à la très petite entreprise de quelques salariés. ... La Commission européenne en envisageant une telle démarche semble malheureusement faire preuve d'une ambition réduite. Elle s'oriente vers une simplification des règles et procédures estimant que la politique en faveur des PME doit rester une compétence essentiellement nationale. ... La simplification des procédures est un objectif utile, mais elle peut se révéler inappropriée si elle ne tient pas suffisamment compte de la diversité extrême des PME. ... Le 'Small Business Act' ne pourra être un acte juridique efficace que s'il prend en compte l'ensemble des formes juridiques et des spécificités des entreprises de l'économie sociale." (08.07.2008)

Wprost Online - Pologne

L'Allemagne refuse d'ouvrir ses portes

L'Allemagne est l'un des derniers Etats membres de l'UE a refuser l'accès au marché de l'emploi aux nombreux citoyens provenant des pays de l'Europe de l'Est qui ont adhéré à l'UE en 2004. Le portail en ligne du magazine d'informations conservateur Wprost critique les projets du gouvernement allemand visant à repousser à 2011 la liberté de circulation des travailleurs d'Europe de l'Est et, pour l'instant, à réduire les obstacles uniquement pour le personnel qualifié. "Encore une fois, les Allemands se contentent de soigner les symptômes et non le mal. ... Le gouvernement allemand est persuadé ... que l'ouverture du marché de l'emploi à tous les Etats membres de l'UE entraînera une invasion du marché de l'emploi allemand par une main d'œuvre bon marché. Mais aujourd'hui, des agriculteurs allemands se plaignent déjà du manque de personnel. ... Car bien que les Polonais ont la possibilité de travailler en tant que saisonniers en Allemagne, ils ne veulent pas s'y rendre. Nous savons déjà comment fonctionne un Etat géré par une économie planifiée. Rien d'étonnant dans ce cas que le nombre d'Allemands qui quittent l'eldorado national ne cesse d'augmenter. L'année dernière, ils ont été 170.000 à partir." (07.07.2008)

De Telegraaf - Pays-Bas

Une écotaxe défavorabe

La Commission européenne envisage d'augmenter le prix de l'eurovignette pour les poids lourds. Vu la colère dans ce secteur suite à la flambée des prix du pétrole, la Commission risque de "mettre de l'huile sur le feu" avec une telle décision, commente le tabloïd De Telegraaf : "Bruxelles considère que cela incitera les transporteurs à acheter des véhicules plus propres. Quatre centimes ne semble pas être une somme trop élevée mais les marges dans le secteur du transport sont déjà mises à rude épreuve et la nouvelle écotaxe risque d'aggraver la situation. En outre, l'idée peut sembler bonne mais l'expérience nous a appris que la facture des mesures européennes s'avère toujours plus lourde que prévue. Ce qui peut expliquer la méfiance grandissante des transporteurs à l'égard de Bruxelles. L'idée de la Commission européenne que ces mesures permettront de faire payer des centaines de millions aux pollueurs et non plus au contribuable est tout bonnement naïve. Quoique l'on dise, c'est au final l'utilisateur qui paiera les frais supplémentaires." (08.07.2008)

CULTURE

Népszava - Hongrie

L'extrême droite radicale en Hongrie

Suite aux attaques perpétrées par des groupes d'extrême droite contre des homosexuels lors de la "Gay Pride" à Budapest samedi dernier, le politologue Attila Ágh se montre préoccupé par l'extrême droite radicale en Hongrie : "La vie publique en Hongrie a été ébranlée à maintes reprises par de violentes exactions commises par des groupes d'extrême droite. ... La question ne se pose plus vraiment de savoir aujourd'hui quelles motivations se cachent derrière les troubles de ces dernières années. Nous savons déjà depuis longtemps que la foule radicale de droite du Parti de l'opposition 'Union civique hongroise' [Fidesz], a été encouragée sous le mandat de l'ex-Premier ministre Viktor Orbán. Nous savons également que le Fidesz s'est depuis distancié timidement des actes de violences. ... En réalité se pose aujourd'hui la question de savoir pourquoi et pour combien de temps la majorité de la société hongroise regardera le vandalisme d'extrême droite en spectateur. Quand mettra-t-on enfin un terme à la colère aveugle qui se déchaîne dans les rues de Budapest ? La majorité passive a certes élevé la voix ici ou là mais la plus grande partie de la société reste pourtant otage d'une infime minorité de vandales." (08.07.2008)

COULEURS LOCALES

Göteborgs-Posten - Suède

Liberté d'expression pour la presse porno

Après qu'un employé de station-service de Piteå dans le nord de la Suède a réussi avec le soutien des syndicats à s'opposer à l'obligation de travailler dans un lieu où se vendent des revues pornographiques et des magazines masculins, les politiques et la presse ont contribué à faire de toute cette localité une zone sans pornographie. Une tendance dangereuse pense le quotidien Göteborgs-Posten : "Bien sûr, on n'est pas obligé d'aimer l'image de la femme que présentent les magazines pour hommes ... et les produits analogues encore moins raffinés. Mais mépriser le goût de certaines revues est une chose, utiliser la menace, la censure et une propagande de masse visant à empêcher des gens d'acheter ces revues, en est une autre. La liberté d'expression protège même la littérature de pacotille. Or, lorsque des syndicats, des politiques municipaux et la presse locale d'une petite ville s'associent, la tolérance s'en trouve diminuée. Le journal de Piteå écrit dans son éditorial que les puissants doivent utiliser leur position lorsqu'il ne s'agit pas de leurs propres intérêts financiers. La fin justifie donc les moyens. C'est une vision inquiétante de la démocratie et de l'Etat de droit." (08.07.2008)

 

Marquer cette page d'un signet sur   del.icio.us    Digg!    YiGG.de    Webnews!    FURL    LinkARENA    Mister Wong    oneview   

D'autre contenu

THÈME

S'ABONNER

Pour recevoir gratuitement euro|topics ou vous désabonner à la lettre d'information, inscrivez votre adresse e-mail:

CETTE SEMAINE À LA UNE

EDITIONS ARCHIVÉES

lu ma me je ve sa di
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31