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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 09.07.2008

 

À LA UNE

Une avancée dans la lutte contre le changement climatique ?

Une avancée dans la lutte contre le changement climatique ?

 

Lors du sommet du G8 au Japon, les pays participants se sont engagés à réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 d'ici 2050. Les Etats-Unis ont donc souscrit pour la première fois à un engagement ferme visant à réduire les gaz à effet de serre. La presse européenne garde cependant un œil critique sur cet accord.

Extraits des publications suivantes:
Diário de Notícias - Portugal, The Guardian - Royaume-Uni, La Repubblica - Italie, De Standaard - Belgique

Diário de Notícias - Portugal

Selon le quotidien Diário de Notícias, les participants au sommet du G8 au Japon n'ont fait que des promesses en l'air : "Les principaux représentants du sommet du G8 se sont montrés satisfaits du traité visant à réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Logiquement, ces participants au sommet tout sourire ne seront alors plus là pour être confrontés aux déclarations qu'ils viennent de faire. D'autres promesses qui ont été faites par le passé ne présagent rien de bon : il y a trois ans, les mêmes huit pays s'engageaient à doubler l'aide financière pour l'Afrique d'ici 2010. … A l'heure actuelle, moins du quart de ce qui avait été promis a été atteint." (09.07.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

Le directeur de Greenpeace, John Sauven, critique sévèrement les Etats du G8 dans le quotidien libéral de gauche The Guardian : "Si le G8 veut vraiment être pris au sérieux, il devrait arrêter de débattre des objectifs à établir d'ici 2050 et établir un moratoire sur toutes les nouvelles centrales thermiques au charbon. … Ce club est un puissant symbole de l'inégalité mondiale. Si le groupe du G8 veut vraiment jouer un rôle, il doit faire disparaître cette inégalité. Cela signifie assumer la responsabilité du changement climatique dû à l'industrialisation et à la consommation, qui a permis au G8 de devenir le groupe des pays les plus importants, les plus riches et les plus puissants de la planète. Les Etats du G8 sont responsables aujourd'hui de 62 pour cent des rejets de gaz carbonique dans l'atmosphère. Il est dans leur propre intérêt de lutter contre le changement climatique, ainsi que dans l'intérêt des 86 pour cent de la population mondiale qui ne sont pas représentés autour de la table à Hokkaido cette semaine." (08.07.2008)

La Repubblica - Italie

Pour le quotidien La Repubblica, les Etats-Unis se sont imposés dans l'agenda climatique du G8. "[L'accord] arrive huit ans trop tard. C'est justement le temps qui a été nécessaire à George W. Bush pour comprendre que le problème existait. … Son objectif est une régression qui contourne et diminue le processus commencé à Kyoto. La tromperie est liée au choix du point de référence temporel : la réduction que les scientifiques demandaient pour sauver le climat s'élève à 50 pour cent de l'émission de CO2 de 1990. Cette valeur annuelle a été volontairement sous-estimée dans le texte du G8. … Cela signifie que la feuille de route de Kyoto est rejetée et que l'importance de la réduction - selon l'année de référence - est portée sur de nouvelles négociations. Par contre, des aspects politiques plutôt que des critères scientifiques sont alors pris en considération. La ligne de la Maison Blanche a gagné." (09.07.2008)

De Standaard - Belgique

Le quotidien De Standaard reste sceptique quant au sens du sommet du G8 au vu de son faible résultat. "Comment peut-on parler de façon sensée des prix du pétrole lorsqu'un seul grand producteur de pétrole, la Russie, est présent aux négociations ? Comment peut-on se concerter sérieusement sur les défis économiques et écologiques sans une collaboration avec la Chine, la troisième puissance économique mondiale et le plus gros pollueur de la planète ? … Un des problèmes est que le cirque médiatique autour du sommet n'est plus depuis longtemps en adéquation avec les modestes résultats des conférences au sommet informelles, lors desquelles aucune décision définitive ne peut être prise. … Mais alors se pose la question suivante : à quoi peuvent encore servir les Nations unies si, à côté, tous les Etats importants forment une sorte de conseil de sécurité économique et écologique informel ?" (09.07.2008)

POLITIQUE

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Un contrat pour un radar signé dans l'incertitude

Les ministres des Affaires étrangères de la République tchèque et des Etats-Unis viennent de signer un accord à Prague sur l'implantation d'un radar. Le quotidien Süddeutsche Zeitung est sceptique quant à la réalisation de ce projet. "Avant que cet accord ne puisse se concrétiser, il reste encore de nombreux obstacles à surmonter. C'est pour cette raison que personne ne peut dire si, en 2013, une grosse sphère sera implantée dans la forêt de Brdy près de Pilsen pour permettre aux soldats américains d'observer l'approche de missiles ennemis envoyés par l'Iran. … La question de savoir si les Américains réussiront à déployer dix missiles de défense en Pologne qui doit garantir le radar en République tchèque, reste donc en suspens ainsi que celle sur les conditions de ce déploiement. Il est tout aussi incertain que le parlement de Prague n'approuve jamais ce projet. … Le manque de crédibilité du gouvernement américain actuel qui a menti au monde entier dans la guerre d'Irak et a conduit à un désastre, reste l'obstacle majeur pour le bouclier antimissile. Tant que George W. Bush aura encore son mot à dire, il sera difficile de développer des projets militaires américains." (09.07.2008)

Dnevnik - Slovénie

Echec du gouvernement autrichien

La journaliste Vesna Kalčič commente l'échec du chancelier social-démocrate, Alfred Gusenbauer, et de sa grande coalition gouvernementale en Autriche : "Après les élections, Gusenbauer n'est parvenu à former une grande coalition qu'au prix de fortes concessions au Parti populaire autrichien (ÖVP) - 'il a été déculotté' avaient alors écrit certains observateurs. … De nombreux ministères revendiqués par les sociaux-démocrates ont dû être cédés aux partenaires de la coalition. … Qu'est ce qui est allé de travers ? Après les négociations de coalition qu'avaient menées l'ex-chancelier Wolfgang Schüssel pour l'ÖVP, le contrat de coalition portait sa marque et n'était en réalité que ce que le Parti populaire avait demandé : la continuation de l'ancien gouvernement bleu-noir." (09.07.2008)

Dagens Nyheter - Suède

La question nucléaire est de nouveau posée

Des syndicats et des entreprises ont appelé hier, dans le quotidien de Stockholm Svenska Dagbladet, à réfléchir à nouveau au nucléaire en Suède bien que lors d'un référendum en 1980 une majorité avait voté pour l'abandon provisoire de l'énergie nucléaire. Le plus grand quotidien suédois Dagens Nyheter se range désormais aussi du côté des défenseurs de l'énergie nucléaire : "L'impatience quant à une décision concernant la question du nucléaire est justifiée et compréhensible. Quatre réacteurs sur dix en Suède seront trop vieux en 2020. La construction de nouveaux réacteurs ainsi que l'amortissement des investissements exigent beaucoup de temps. Par conséquent, il faut trouver une large entente dépassant les clivages politiques. L'alliance gouvernementale s'est déclarée prête à ce consensus. Mais pour l'instant nous n'avons pas vu le moindre signe dans ce sens. Il est regrettable que la question nucléaire soit déterminée par une impasse politique et des jeux tactiques." (09.07.2008)

El País - Espagne

L'UE perd son âme en Italie

En Italie, la police a commencé à relever les empreintes digitales de la minorité des Sintés et des Roms à Milan, à Naples et à Rome. Le quotidien El País critique dans son éditorial la passivité de l'UE face à cette mesure "xénophobe" et "raciste" : "Le gouvernement sous Berlusconi a dépassé une des limites intangibles de l'Etat de droit avec une forme juridique dangereuse. Pas parce qu'il [Berlusconi] transgresse la loi sur l'égalité en l'interprétant de manière différente pour des groupes différents, mais plutôt parce qu'il a instauré une autre loi pour les Tziganes qui ne s'applique pas au reste des Italiens. ... Les initiatives de Berlusconi et de son gouvernement montrent également d'autre part qu'il est impossible de convenir d'une politique commune par exemple en matière d'immigration avec lui au cœur de l'UE. … L'Union européenne, une entreprise inspirée par la justice et le droit, donne une image affligeante dans cette affaire et perd l'âme qui lui a donné son sens pendant ses 50 ans d'histoire." (09.07.2008)

Sega - Bulgarie

Un contrat franco-bulgare

La Bulgarie souhaite acquérir deux navires de guerre français pour la somme de 500 millions d'euros. L'accord a été conclu entre le président français, Nicolas Sarkozy, et le Premier ministre bulgare, Sergueï Stanichev, lors d'une rencontre à Paris. Le quotidien Sega explique ce que signifie ce contrat pour les deux parties : "Les intérêts des deux hommes politiques se sont rencontrés : Sarkozy cherchait des clients pour l'industrie militaire française tandis que Stanichev espérait que le président de l'UE lui apporterait un soutien. Un soutien qui lui permettrait de conserver son poste, menacé par le rapport de la Commission européenne sur l'avancement de la Bulgarie, annoncé très critique. … Seule l'isolation politique peut faire renverser le gouvernement. Sur fond de crise importante avec l'Irlande, la France s'efforcera à l'automne que cela n'ait pas lieu." (08.07.2008)

RÉFLEXIONS

Dziennik - Pologne

Nouveau rapport entre la Pologne et les Etats-Unis

La chroniqueuse Monika Olejnik réfléchit aux nouvelles relations américano-polonaises sur fond de négociations sur le projet de bouclier antimissile américain. "Pour nous, l'Amérique n'est plus un pays vénéré, le dollar n'est plus un dieu. Nous faisons partie de l'Europe, c'est elle qui nous donne la force que nous n'avions pas il y a dix ans. Notre force aujourd'hui c'est l'Europe, et l'Amérique devrait désormais comprendre que cela nous octroie le respect. La Pologne est aujourd'hui le porte-parole des pays d'Europe de l'Est, le pays qui indique la voie. Le président polonais s'est battu pour l'élargissement de l'Union vers l'Est. Les Américains semblent ne pas avoir remarqué que la situation a beaucoup changé ces dernières années. [Le candidat à la présidence américaine] Barack Obama compte encore la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne comme ses principaux alliés et, ce faisant, il oublie la Pologne. Par le passé, cela aurait été vécu comme un drame, mais aujourd'hui, cet oubli est plus interprété comme un lapsus car la Pologne n'a plus de complexes : nous savons qui nous sommes, ce que nous avons atteint, quelle est notre histoire. … Le temps est venu pour les Américains de comprendre qu'ils n'occupent plus le premier rôle dans le cœur des Polonais." (09.07.2008)

Le Monde - France

La plus forte des faibles

Le Monde analyse la position de la Pologne au sein de l'Union européenne et vis-à-vis des Etats-Unis : "Un coup à droite, un coup à gauche. Un coup pour l'Europe, un coup pour les Etats-Unis. … En Europe, la Pologne - selon les mots de Lech Kaczynski - veut être 'la plus forte des faibles'. Autrement dit, [la Pologne entend] user de sa position de 'relativement grand' pour défendre les intérêts des 'petits' ou des nouveaux venus face à ce qu'elle considère comme la position hégémonique des pays fondateurs de l'Union européenne. … Pour leur sécurité, les Polonais se reposent sur les Etats-Unis. Ils attendent toutefois des retombées de cette alliance. Ils étaient prêts à envoyer des troupes en Irak pour preuve de leur fidélité. … Dans les deux cas, il s'agit de montrer que la Pologne est un pays souverain qui défend âprement ses intérêts." (08.07.2008)

ÉCONOMIE

Sme - Slovaquie

Un nouveau chiffre national

Le ministres des Finances de la zone euro ont fixé le cours auquel les Slovaques échangeront leurs couronnes l'année prochaine : un euro correspondra à 30,126 couronnes. Le quotidien libéral Sme revient sur cette valeur : "L'anniversaire de nos mères et les codes PIN de nos téléphones portables ont une sérieuse concurrence. Le nouveau nombre que tout le monde va retenir est 30,126. Il va s'inscrire dans la mémoire collective. … L'année de fondation de l'Etat slovaque ou la hauteur du mont Gerlach [la plus haute montagne du pays avec 2.655 mètres] sont la preuve que des chiffres non ronds peuvent aussi devenir des symboles de la fierté nationale. … Il y a peu de chiffres dont une personne se souvient jusqu'à sa mort. Et encore moins de chiffres dont une génération entière se rappelle. Depuis hier, nous en connaissons un." (09.07.2008)

Latvijas Avīze - Lettonie

Aucune confiance entre la Lettonie et la Russie

Le vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov a annoncé une déviation de l'ensemble des flux de marchandises des ports de la Baltique vers les ports russes d'ici 2015. Le quotidien letton critique cette annonce mais met en garde contre toute panique : "Cela montre que la Russie essaye une fois de plus d'utiliser l'économie à des fins politiques. Les déclarations sont à peine justifiées économiquement. Cela reviendrait très cher à la Russie d'essayer de faire passer l'ensemble de son trafic par certains ports. Mais Moscou a une nouvelle fois montré qu'elle ne se fiait pas à ses voisins, c'est pourquoi nous ne lui témoignons aucune confiance non plus. L'Allemagne et le France sont parvenues à renouveler leur confiance politique l'une envers l'autre après la guerre, la Lettonie et la Russie n'y sont jusque là jamais arrivées. Et de telles déclarations ne font qu'envenimer un peu plus la situation." (09.07.2008)

CULTURE

Mladá fronta DNES - République tchèque

Double Allemagne

Des diplômés de grandes écoles des Pays d'Europe centrale et orientale pourront travailler en Allemagne sans autorisation spéciale, et ce probablement dès l'année prochaine. Berlin assouplit ainsi l'isolement du marché du travail allemand qui, sinon, aurait prévalu jusqu'en 2011. Le quotidien libéral Mlada fronta Dnes a une vision partagée de cette évolution : "Les Allemands vont moins discriminer les travailleurs issus des nouveaux pays de l'UE. C'est raisonnable. ... Par contre, il s'agit bien d'une disposition timide car elle classe les Européens dans des catégories. … Le problème est plus profond que cela. D'un côté l'élite politique [en Allemagne] chante avec ferveur l'Ode à la joie. De l'autre, elle recule devant la moindre pression nationale et adhère à des intérêts fictifs. … Les citoyens, même ceux sans diplôme, voient cette duplicité, celle-là même qui est responsable de la crise dans laquelle se trouve l'UE aujourd'hui." (09.07.2008)

MÉDIAS

Večer - Slovénie

Abus de pouvoir dans les médias en France

Le président français, Sarkozy, a annoncé qu'il nommerait lui-même le président de France Télévisions, groupe de chaînes publiques françaises. "Même certains ministres du gouvernement français sont sceptiques suite à cette déclaration. … La stratégie de Sarkozy est simple. Il veut affaiblir la télévision publique et ses 3 000 employés. La chaîne [privée] TF1, propriété de l'ami proche de Sarkozy, Martin Bouygues, a perdu de nombreux téléspectateurs l'année dernière. En réduisant les financements de la télévision publique, il aide ses amis [de la chaîne privée]. … Dans un pays où les politiques et les médias entretiennent déjà des relations très étroites, les changements dans la télévision publique constituent une sorte d'abus de pouvoir et la France va se rapprocher de l'Italie du grand ponte des médias Silvio Berlusconi." (09.07.2008)

 

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