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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 24.07.2008

 

À LA UNE

La sévérité de la Commission européenne

La sévérité de la Commission européenne

 

La Commission européenne a publié hier les rapports d'évaluation des progrès réalisés pour les plus jeunes membres de l'UE, la Roumanie et la Bulgarie. Le résultat est une véritable douche froide : la corruption dans les deux pays demeure aussi élevée un an et demi après leur adhésion et le système judiciaire accuse de graves lacunes. La Commission a donc suspendu le paiement des subventions européennes à la Bulgarie à hauteur de 500 millions d'euros tandis que la Roumanie a été fermement mise en garde. Cette sévérité est-elle la marche à suivre ?

Extraits des publications suivantes:
Der Standard - Autriche, Evenimentul Zilei - Roumanie, Klassa - Bulgarie, Sme - Slovaquie, Kauppalehti - Finlande

Der Standard - Autriche

Pour le quotidien autrichien Der Standard, de nombreuses erreurs ont été commises lors de l'adhésion à l'UE de la Bulgarie et de la Roumanie : "Le blocage consécutif de 500 millions d'euros d'aides financières ressemble à un freinage d'urgence - mais le freinage n'a été actionné qu'après l'accident. En effet le crash a déjà eu lieu au moment de l'adhésion, et l'erreur de conduite décisive a été de donner à la Bulgarie et la Roumanie une date d'adhésion fixe, alors que les négociations étaient encore en cours. C'est comme donner à un élève moyen l'assurance d'obtenir son bac à une date donnée avant même qu'il ait fait ses preuves : les dispositions de Sofia et de Bucarest à apprendre et à se réformer se sont brusquement relâchées. Les dégâts sont importants, et pas seulement pour les deux pays. En effet, les millions qui alimentent les organisations mafieuses constituent un ingrédient bienvenu pour ceux qui mijotent leur petite soupe populiste empoisonnée. Bien sûr, la Commission a tout de suite mis un terme à ces abus, et il apparaît clairement que l'adhésion à l'UE s'est faite trop tôt. Mais il convient toutefois de considérer le bilan économique de l'Autriche et de l'UE avec ces deux pays comme positif, car l'adhésion a établi des conditions-cadres importantes." (24.07.2008)

Evenimentul Zilei - Roumanie

Selon le quotidien Evenimentul Zilei, le rappel à l'ordre de la Roumanie n'aura aucun effet. Le rapport de justice de la Commission européenne "montre l'exemple même de l'hypocrisie des bureaucrates tremblotants de Bruxelles qui, en raison de la pression politique, ont renié leur propre rapport. La mise en garde exigeant le report de l'entrée de la Roumanie dans l'espace Schengen et dans la zone euro a subitement disparu du rapport, probablement à la demande des lobbyistes de Bucarest. Les commissaires européens ont montré aux politiciens roumains qu'ils étaient capables d'aboyer mais qu'ils n'avaient pas le courage de mordre. Une phrase affectée qui s'est glissée dans un paragraphe illisible du rapport, nous explique qu'un jour, à l'instar des Bulgares, nous n'aurons plus aucun contrôle quant à l'accès total aux fonds structurels. Et alors ? La clientèle qui a accès aux fonds avec la bénédiction politique n'a jamais réussi, ne serait-ce qu'une seule fois, à distribuer l'ensemble des sommes versées par les bons samaritains européens. Le problème reste cependant que nous ne pouvons pas, absolument pas voler plus que ce qu'ils nous offrent. ... Au lieu d'utiliser le bâton, le bon président Barroso a donné un morceau de sucre aux politiciens roumains corrompus en leur demandant d'être raisonnables." (24.07.2008)

Klassa - Bulgarie

Le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre bulgare, Ivailo Kalfin, a expliqué hier que les subventions gelées de l'UE ne constitueraient plus de toute façon les appuis déterminants de l'économie bulgare. Le quotidien Klassa critique cette déclaration : "Le gel [des paiements] en raison des manquements de la justice et de la corruption dans les plus hautes sphères du pouvoir ne serait donc pas aussi grave qu'un gel des investissements. Une telle déclaration est complètement irresponsable car une réduction des subventions constitue un signe pour les investisseurs que le climat en Bulgarie n'est pas approprié pour des apports financiers. Il est également irresponsable de déclarer que les onze milliards d'euros ne sont pas si importants pour le développement des petites et moyennes entreprises. Elles ne peuvent justement pas garantir leur réussite par des accords avec des politiques. Enfin, cette déclaration est également irresponsable pour une autre raison : la Bulgarie devient le payeur net à 100 pour cent de l'UE, qui apporte sa contribution sans rien recevoir en contrepartie." (24.07.2008)

Sme - Slovaquie

Suite aux expériences récentes avec la Roumanie et la Bulgarie, le quotidien libéral Sme appelle à plus de prudence pour les prochains élargissements de l'Union européenne : "Les ethnologues roumains estiment qu'il existe plus de 30 synonymes dans leur langue pour le terme 'corruption'. Cette créativité linguistique en dit long et ne laisse augurer rien de bon. ... Un sondage réalisé auprès des Roumains vient compléter le tableau : 80 pour cent des personnes interrogées auraient déjà eu affaire à la corruption. ... C'est la même chose en Bulgarie. Il serait injuste d'affirmer que les anciens pays membres de l'UE ne connaissent la corruption. Mais ce qui est honteux, c'est qu'en Bulgarie les ministres sont également impliqués et que les personnes incriminées se taisent. ... L'UE devrait tirer les leçons des expériences roumaines et bulgares pour les prochains élargissements, et ne pas laisser décider uniquement les économistes, mais aussi les ethnologues." (24.07.2008)

Kauppalehti - Finlande

Le quotidien Kauppalehti voit aussi dans les mesures de l'UE à l'encontre de la Bulgarie et de la Roumanie un avertissement pour le reste de l'Union : "L'avertissement est le suivant : ... ça ne peut plus continuer ainsi ! ... La corruption dans les nouveaux Etats membres - et naturellement dans les anciens - est un sérieux problème pour lequel la Commission européenne a investi des dizaines de millions au cours des dernières années en vue d'une solution. ... Les sanctions ... contre la Bulgarie sont [aussi] ... une injonction au gouvernement finlandais de veiller ... à instaurer une culture politique transparente après le scandale du financement des élections ... au printemps dernier." (24.07.2008)

POLITIQUE

The Independent - Royaume-Uni

Obama en Europe

Le candidat à la présidentielle des Etats-Unis, Barack Obama, doit prononcer un discours aujourd'hui à Berlin. Le quotidien The Independent appelle à la retenue au vu de l'enthousiasme européen à l'égard du candidat démocrate : "Prononcer un discours avec la porte de Brandebourg en arrière-plan aurait été un symbole trop fort. ... La chancelière Angela Merkel avait raison de craindre que ce type d'endroit puisse être interprété comme un appui officiel de la candidature d'Obama. Chaque gouvernement étranger a le devoir de garantir la neutralité ; la décision en novembre revient aux électeurs américains. Cela ne signifie pas que l''Obamania' qui agitera Berlin ce soir soit une mauvaise chose ou que les Européens ne doivent pas s'intéresser à la question de savoir qui sera le prochain président des Etats-Unis. Cela signifie plutôt que l'hommage doit être estompé par le réalisme. Si, comme Obama le promet, son discours à Berlin aura pour thème l'engagement d'écouter l'Europe alors nous devrions lui retourner le compliment et l'écouter avec la même attention." (24.07.2008)

Corriere della Sera - Italie

Une signature controversée

Le chef d'Etat italien Giorgio Napolitano a signé une loi sur l'immunité très controversée, votée par le Parlement, qui protège les quatre plus hautes fonctions de l'Etat contre les poursuites pénales. Le chef du parti de l'opposition "Italie des valeurs", Antonio Di Pietro, veut faire renverser cette loi par référendum. Le quotidien Corriere della Sera défend la signature de cette loi tant critiquée par Di Pietro. "Le chef d'Etat a réussi à mener à terme des négociations difficiles et à renforcer l'autorité institutionnelle, et pas seulement celle du gouvernement. La signature de Napolitano estompe l'impression d'une prévarication par le centre droit qui veut faire fléchir le Parquet qui mène des investigations sur le Premier ministre. En même temps, elle offre au Parti démocratique une bonne raison de rester en dehors du chemin de Di Petro. Le jeu ne fait que commencer. L'ombre de l'anti-constitutionnalité ne s'est pas dissipée." (24.07.2008)

Trouw - Pays-Bas

Une loi sur l'immigration contraire au droit

Selon deux jugements, les conditions strictes définies par la loi néerlandaise sur l'immigration et la naturalisation transgressent au moins en partie la législation européenne. C'est la ministre des Affaires étrangères de la droite libérale, Rita Verdonk, qui avait pris la responsabilité de cette loi en 2005. Le quotidien Trouw est partagé dans sa vision de cette loi : "Personne ne s'attend à un afflux d'immigrants parlant mal le hollandais, dont une partie dépendra de l'aide sociale. A partir de là, on pourrait effectivement considérer comme malvenu que la loi de Verdonk se heurte à des problèmes de droit. ... On pourrait [pourtant] en déduire cyniquement que celle-ci a fonctionné. Le nombre d'immigrés arrivés dans le cadre du regroupement familial a fortement reculé. Il reste cependant qu'une telle législation bricolée à la va vite se moque de l'Etat de droit. Bricolée à la va-vite car les exigences qu'elle comporte ne sont pas recevables. Le pire c'est peut-être que la Seconde chambre, en tant que co-législateur à l'époque, s'en était rendu compte." (24.07.2008)

RÉFLEXIONS

Le Monde - France

Feu la "Grande Serbie"

A l'occasion de l'arrestation de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadžić, le quotidien Le Monde rappelle dans son éditorial les lubies de la "Grande Serbie" au cours de la guerre de Yougoslavie, et l'actuel changement de mentalité en Serbie. "Ils étaient trois. Trois hommes pouvaient être tenus pour les principaux responsables de l'effroyable carnage qui ensanglanta la Bosnie-Herzégovine au nom de la 'Grande Serbie' : Slobodan Milošević, le maître de la Serbie, Ratko Mladić, le commandant militaire en Bosnie, et Radovan Karadžić, le 'président' autoproclamé. ... De ces trois-là, Radovan Karadžić a incarné le nationalisme serbe le plus pur, le plus dur, le plus fou. Tandis que Milošević le socialiste nationaliste visait le pouvoir absolu ; que Mladic le soldat rêvait de conquêtes et de sang, Karadžić vivait dans son univers de poésie épique, fasciné par ce qu'il appelait sa 'race de guerriers'. ... Le pire peut-être pour Karadžić est qu'il aura été arrêté non par ces Musulmans bosniaques qu'il voulait exterminer, non par ces Occidentaux qu'il haïssait, mais par une Serbie en train de sortir de son époque la plus démoniaque, une Serbie encore très nationaliste mais dirigée par des démocrates, un pays en train peu à peu de se réconcilier avec ses voisins et d'avancer vers l'Europe communautaire." (23.07.2008)

Financial Times - Royaume-Uni

Une institution mondiale pour l'énergie

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohammed El Baradei, appelle dans le quotidien Financial Times à la mise en place d'une "Organisation mondiale de l'énergie", afin de prendre en main les problèmes liés à la crise énergétique. "La nécessité de mesures politiques coordonnées dans le domaine de l'énergie et des questions qui lui sont liées - changement climatique et pauvreté, pour n'en nommer que deux - n'a jamais été aussi urgente. Il n'existe pourtant pas d'institution mondiale dans laquelle les pays du monde pourraient s'entendre sur des solutions communes en ce qui concerne les énormes problèmes qui menacent la planète. … Une Organisation mondiale pour l'énergie pourrait non pas remplacer les institutions déjà actives dans ce domaine mais venir les compléter. Elle apporterait une perspective indispensable entre les Etats pour tous les dossiers qui ne peuvent pas être simplement abandonnés aux forces du marché, comme le développement des nouvelles technologies de l'énergie, le rôle de l'énergie nucléaire et des énergies renouvelables, et les solutions innovantes pour réduire la pollution et les émission de gaz à effet de serre." (24.07.2008)

ÉCONOMIE

Financial Times Deutschland - Allemagne

L'industrie automobile européenne a le vent en poupe

Trois des plus importants fabricants automobiles européens, Volkswagen, Fiat, PSA Peugeot Citroën, ont enregistré de bons résultats au cours du dernier trimestre. Le journal économique Financial Times Deutschland annonce toutefois une concurrence plus rude à l'avenir. "Aucun doute, grâce à leurs chiffres, les trois grands fabricants européens occupent une bien meilleure place que leurs rivaux américains affaiblis Chrysler, Ford ou General Motors. Pourtant les Européens ne devraient pas s'endormir sur leurs lauriers avec cette avance. Car le secteur automobile n'a pas encore affronté les véritables épreuves. Après tout, il est bien clair même pour les amoureux des chevaux sous le capot, que l'industrie automobile va connaître une transformation totale au cours des prochaines années. ... Les géants d'aujourd'hui pourraient bien disparaître et de nouvelles entreprises offrant des produits techniquement supérieurs pourraient connaître une véritable envolée. ... Mais Volkswagen, Fiat et Peugeot Citroën, contrairement à certains concurrents, ont au moins réussi à poser de bonnes bases grâce à leurs profits enregistrés aujourd'hui pour pouvoir affronter les mois difficiles qui s'annoncent." (24.07.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

Querelle à Genève

Même après une réunion de crise nocturne, les pays émergents et les pays industrialisés ne sont parvenus à aucun accord lors des négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, sur la question de la libéralisation du commerce mondial. Le quotidien The Guardian s'intéresse à l'échec éventuel du cycle de Doha. "Les négociations de cette semaine sont les dernières d'une série de tentatives de la dernière chance visant à sauver le cycle de négociations sur le commerce. Personne n'attend vraiment de résultat probant. ... Serait-ce si dramatique si les discussions de Doha n'aboutissaient à rien ? La plupart ne le remarqueraient même pas. Le commerce international a connu une progression fulgurante au cours de la dernière décennie, non pas grâce à l'OMC mais essentiellement en raison de l'intégration toujours plus étroite de l'Inde et de la Chine dans l'économie mondiale. Néanmoins, les pays riches se serviraient de l'échec des négociations comme d'un prétexte pour leurs négociations commerciales individuelles déloyales avec les pays en développement. La leçon la plus dure d'un échec de Doha pourrait bien se trouver dans un autre domaine : le changement climatique. Là aussi, une action coordonnée est indispensable." (24.07.2008)

Mladá fronta DNES - République tchèque

La couronne tchèque pèse sur les entreprises

Le groupe Siemens a annoncé la fermeture de son site à Prague et la suppression de plus de 1000 emplois. Le quotidien libéral Mladá fronta DNES craint que Siemens ne reste pas un cas isolé : "L'économie tchèque ne sera pas menacée par la fermeture d'une entreprise aussi importante et les personnes licenciées pourront retrouver un nouvel emploi à Prague ou ailleurs. Malgré tout, il sera difficile d'attirer des sociétés de remplacement si les grandes entreprises commencent à plier bagage." Le taux extrêmement fort de la couronne tchèque serait la raison principale à cette fuite. "Du point de vue des entreprises étrangères qui facturent en euro ou en dollar, la couronne fait augmenter les coûts en termes de salaires et de revenus jusqu'à 40 pour cent. Dans un tel environnement, peu d'entreprises hésitent. Certaines entreprises qui, dans d'autres circonstances, seraient restées en République tchèque et auraient prospéré pendant des années, risquent de prendre le même chemin." (24.07.2008)

MÉDIAS

De Morgen - Belgique

La crise politique belge et les médias

Le quotidien De Morgen évoque le rôle des médias dans l'actuelle crise politique en Belgique : "Les normes de l'éthique journalistique ne revêtent pas une valeur flamande, wallonne ou néerlandaise, elles ont une portée universelle. La restitution objective des faits en fait partie. De nombreux médias américains ont laissé tombé ce principe journalistique juste après le 11 septembre, mus par des motifs nationalistes ou par la crainte d'être taxés d'antipatriotisme. ... Dans l'agitation des turbulences politiques en Belgique, aussi bien la presse wallonne que flamande menacent d'adopter la même attitude que celle des journalistes américains. ... Sur ce point se profile le danger qu'apparaisse une association entre politique et journalisme qui mette à mal la mission de la presse en tant qu'observateur critique du pouvoir. ... L'emploi intentionnel des superlatifs, de la généralisation et de l'exagération, dans le but de conquérir le lecteur, enfreignent les devoirs fondamentaux du journalisme." (24.07.2008)

CHOUX DE BRUXELLES

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Tordu

Le quotidien Frankfurter Rundschau commente la suppression prévue des normes européennes pour 26 variétés de fruits et de légumes. "D'une pour commencer : le concombre est tordu, devrait resté tordu, et peut même être vendu s'il est complètement tordu. L'histoire des concombres tordus est connue depuis qu'un politicien quelconque a passé sa colère envers l'Europe en utilisant l'argument du concombre. Si l'UE devait désormais supprimer les normes de qualité pour 26 variétés de fruits et légumes, cela ne changerait pratiquement rien. Car jusqu'à maintenant, même les concombres tordus sont vendus. Ils sont par contre moins chers et font baisser le niveau des prix du concombre bien droit. C'est pourquoi l'avenir n'appartient pas au concombre tordu. Les jardiniers veulent gagner de l'argent avec le concombre quelle que soit sa forme. De plus, le commerce travaille avec des critères qui dépassent parfois largement la réglementation européenne. Si l'on veut acheter et distribuer des marchandises au niveau international les yeux fermés, il faut des règles. ... De cette façon, les concombres sont tordus, mais pas les affaires." (24.07.2008)

 

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