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03.12.2008

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Médias

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MÉDIAS

De Telegraaf - Pays-Bas | 03.12.2008

Ne pas subventionner la radio publique

Le ministre néerlandais de la Culture et des Médias, Ronald Plasterk, tient à maintenir le financement par l'Etat des stations de radio publiques présentes sur Internet. La commissaire européenne Neelie Kroes estime que cela fausserait la concurrence avec les stations de radio privées. Elle a raison, écrit le tabloïd De Telegraaf : "Plasterk garde des œillères et tient avec entêtement au bastion de l'ancienne radio. On ne peut pas dire qu'il fasse dans la nuance. Cela vaut tout autant pour les subventions des émetteurs nationaux et régionaux qui entendent maintenant défendre par des campagnes leur droit d'exister. Le système de radio défectueux est maintenu à flot et les partis privés sont défavorisés. Le ministre prend ses responsabilités, lui qui veut se faire apprécier par ses amis du monde des médias [de la métropole audiovisuelle néerlandaise] à Hilversum." (03.12.2008)

La Repubblica - Italie | 03.12.2008

Berlusconi conseille aux journalistes de changer de métier

Le gouvernement italien veut faire passer la TVA sur les chaînes de télévision payantes de 10 à 20 pour cent. Les grands quotidiens italiens ont critiqué cette mesure, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi étant également le propriétaire du groupe de communication Mediaset. La Repubblica souligne le ton autoritaire avec lequel Berlusconi interdit toute critique venant des quotidiens italiens. "Six ans après l'édit de Bulgarie contre Santoro, Biagi et Luttazzi - journalistes et auteurs satyriques qui avaient été exclus de la télévision publique -, voici l'édit albanais contre les éditeurs de journaux. Lors de son retour de Tirana, Berlusconi a fourni un exemple supplémentaire de sa capacité de compréhension d'homme d'Etat progressiste. … La menace proférée ('changez de métier') trahit plus qu'un simple conflit d'intérêt colossal. … Derrière les mots du Cavaliere se cache véritablement une vision totalitaire de la démocratie, qui d'un édit à l'autre, sombre dans l'autocratie." (03.12.2008)

Latvijas Avīze - Lettonie | 02.12.2008

Une télévision sans publicité

La France prévoit d'interdire la publicité à la télévision après 20 heures dès 2009 et de supprimer toute publicité sur les chaînes publiques à partir de 2011. Le quotidien Latvijas Avize voit dans cette interdiction un exemple à suivre : "Même si la méthode employée par [le président Nicolas] Sarkozy n'est pas au goût de tout le monde, personne ou presque ne contestera la nécessité d'un changement d'orientation. En Europe, nous sommes de plus en plus convaincus qu'il est négatif qu'une institution aussi centrale que la télévision publique soit soumise à la loi du marché et en soit réduite à dépendre de publicités pour du savon. On pourrait tout aussi bien faire concourir la banque d'émission d'Etat contre des banques commerciales privées ou mettre en concurrence la police et les services de sécurité privés. Bien sûr il n'existe pas de modèle idéal. Mais si nous téléspectateurs étions plus conscients du danger, le risque de manipulation serait moins élevé." (02.12.2008)

Le Monde - France | 02.12.2008

La télévision contrôlée par l'Etat

Le quotidien Le Monde critique les plans de réforme de Nicolas Sarkozy pour l'audiovisuel public : "Dans un mois, une fois adoptée la réforme en discussion au Parlement, l'audiovisuel public sera passé sous le contrôle du pouvoir exécutif. Et de son premier, pour ne pas dire unique, responsable aujourd'hui : Nicolas Sarkozy. ... Primo, les présidents de France Télévisions et de Radio France seront nommés en conseil des ministres, et éventuellement révoqués de la même façon. ... Secundo, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, assortie du refus d'augmenter une redevance pourtant parmi les plus faibles d'Europe, va les placer sous la tutelle financière entière et directe du budget de l'Etat. Mais, conçue à la hussarde, cette réforme est un mauvais coup : elle conduit à contrôler étroitement l'audiovisuel public et à renforcer les chaînes privées, dont chacun sait que les patrons sont, pour l'heure, des proches du président." (02.12.2008)

De Volkskrant - Pays-Bas | 01.12.2008

Pas d'aide publique pour les journaux

Le ministre néerlandais de la Culture et des Médias Ronald Plasterk refuse d'accorder des aides publiques aux journaux en difficulté. Le quotidien De Volkskrant trouve cette position compréhensible et rappelle le rôle des fonds d'investissement étrangers ces dernières années : "Les aventures étrangères ont effectivement causé beaucoup de dégâts mais la responsabilité repose sur les actionnaires, les éditeurs et les propriétaires néerlandais. Ces derniers poursuivaient souvent d'autres intérêts que ceux des journaux, maximiser le profit à court terme et investir les gains réalisés dans des projets sans réfléchir. Le développement des journaux existants n'étant pas la priorité, ces journaux ont perdu en grande partie leur attractivité pour de nouvelles générations de lecteurs. ... Bien que le marché de la presse belge soit encore plus dur que le marché néerlandais, des journaux de qualité comme De Standaard et De Morgen ont eu de la chance avec leurs directeurs de publication. Ces derniers sont des hommes de presse engagés qui sont profondément conscients de la fonction publique de leurs journaux." (01.12.2008)

Jornal de Negócios - Portugal | 27.11.2008

Catastrophisme interdit

Le comité directeur de l'agence de presse portugaise Lusa aurait interdit aux journalistes de la rédaction économique d'utiliser le mot "stagnation”. Le quotidien Jornal de Negócios écrit à ce sujet : "J'approuve totalement Luís Miguel Viana, le directeur de Lusa. Bien que la 'stagnation' décrive bien la situation du pays – dans tous les domaines – ce terme est une insulte faite au gouvernement et au Premier ministre [José Sócrates] qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre les Portugais heureux. Monsieur le directeur ferait mieux de rédiger rapidement un index des termes interdits au sein de Lusa. On pourrait aussi peut-être l'appliquer aux informations de la télévision et de la radio publiques. Il faudrait interdire en premier lieu 'récession'. Il ne faudrait pas non plus imprimer le mot 'crise' surtout dans le contexte 'politique' ou 'économique'. ... Il faudrait aussi peut-être proscrire les mots 'manifestation', 'grève' et si possible aussi 'opposition'. Pour le bien de la nation." (27.11.2008)

The Times - Royaume-Uni | 27.11.2008

La protection des victimes prime sur la transparence

Un cas d'inceste a été révélé en Grande-Bretagne, dont la gravité est comparable à l'affaire Fritzl en Autriche. Le tribunal a ordonné que cette histoire ne soit pas couverte par les médias dans le but de protéger les victimes. Le quotidien The Times demande au contraire que l'on donne aux médias un rôle plus important : "Le droit à l'anonymat à vie qui est octroyé à toutes les victimes de viol signifie qu'il est impossible pour les médias de citer le nom de l'accusé car cela permettrait d'identifier sa fille. ... Dans ces circonstances, les médias ne devraient pas agir comme des juges et comme un jury. Mais quand ce système [étatique] ne contrôle pas lui-même son action de façon appropriée, il est difficile de justifier la rétention d'information. Ces malheureuses femmes et leurs enfants méritent que l'on respecte leur sphère privée. Mais elles méritent également la transparence des autorités sur ce qui leur est arrivé." (27.11.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne | 27.11.2008

Histoire pour populistes

Le Süddeutsche Zeitung commente le conflit qui agite les médias germano-polonais depuis l'utilisation de l'expression "camp de concentration polonais" par le quotidien allemand Die Welt : "Les auteurs incriminés se sont excusés dans les règles mais affirment néanmoins que le terme 'camp polonais' était utilisé exclusivement au sens géographique. Ayant reconnu que ce terme prête effectivement à confusion, la plupart des rédacteurs en chef allemands ont suggéré d'éviter de l'utiliser. Mais sur les rives de la Vistule, la version selon laquelle les Allemands rendent les Polonais responsables de l'holocauste, tout en se présentant eux-mêmes comme des victimes de la guerre, est tout à fait populaire. Rares sont les journalistes et les essayistes polonais qui expliquent à leurs compatriotes que cette version n'a rien à voir avec la réalité. … Le lecteur polonais ignore qu'en République fédérale, les milliers de reportages de presse ne sont naturellement pas les seuls à souligner volontiers la responsabilité allemande, mais que c'est également le cas dans les programmes éditoriaux, télévisés et scolaires." (27.11.2008)

Rzeczpospolita - Pologne | 26.11.2008

"Les camps de concentration polonais" font des vagues

Le quotidien conservateur et critique de l'Allemagne Rzeczpospolita réagit à un article du quotidien allemand Die Welt, dans lequel il est fait état de "camps de concentration polonais". "La réaction ferme et rapide des médias polonais à l'expression `camps de concentration polonais` employée dans une édition de Die Welt, s'est révélée efficace. Le rectificatif clair et complet publié par le journal est une bonne chose. Il faudrait désormais que les collaborateurs de Die Welt se demandent pourquoi l'auteur de l'article, née en 1970, a employé une formule aussi douloureuse pour les Polonais dans son article. Et comment celle-ci a pu passer à travers les mailles des différents processus de rédaction. Les propos du rédacteur en chef Thomas Schmid ('cette formulation calomnie la Pologne et n'a rien à voir avec la vérité historique') ont par chance résolu le problème. Dans cette affaire se pose la question de savoir si le ministère des Affaires étrangères polonais devrait réagir à l'avenir dans des cas similaires." (26.11.2008)

Eesti Päevaleht - Estonie | 25.11.2008

Plus d'émissions en russe à la télévision estonienne

Pour empêcher l'endoctrinement de sa minorité russe par les médias de Russie, l'Estonie envisage désormais de créer une nouvelle chaîne de télévision russophone. La première étape devrait consister à inclure plus d'émissions en russe dans les programmes existants. Le quotidien Eesti Päevaleht réfléchit aux différentes priorités : « Il est particulièrement important qu'il y ait aussi des journaux télévisés en russe. La version russe de l'émission 'Caméra actuelle' a déjà attiré de nouveaux collaborateurs qui permettent au programme d'être plus indépendant et de devenir un véritable programme russe, au lieu de n'être qu'un clone de la version estonienne. La décision de programmer les émissions russophones en soirée est également très positive. Car jusqu'à aujourd'hui, elles étaient surtout programmées en journée, quand la plupart des téléspectateurs potentiels étaient dans le bus, en voiture ou dans la rue." (25.11.2008)


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