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22.11.2008

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Réflexions

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RÉFLEXIONS

Heti Válasz - Hongrie | 21.11.2008

András Lánczi sur le changement de la politique culturelle en Europe

Dans l'hebdomadaire conservateur Heti Válasz, le philosophe András Lánczi s'interroge sur le déclin et la déliquescence de la culture politique en Europe. "Aujourd'hui nous ne disons plus 'Guten Tag' [bonne journée] mais 'Schönen Tag' [belle journée], ce qui est bien sûr un anglicisme, fruit d'un snobisme arrogant. Mais celui-ci exprime aussi une façon de penser : nous échangeons des concepts moraux contre des concepts pragmatiques qui décrivent des positions et des rapports. En d'autres termes, une personne affirme un jour être communiste, libérale ou anarchiste, et elle peut affirmer le contraire le lendemain. … Autrefois, une personne était condamnée parce qu'elle avait enfreint les règles morales et juridiques de la communauté. Aujourd'hui, elle est condamnée parce qu'elle persiste à porter un jugement moral. Nous tenons ici deux langages. En réalité, la langue des élites politiques s'est divisée et c'est pour cette raison qu'ils ne peuvent plus se comprendre au sens propre du terme. La jalousie réciproque fait le reste. La culture européenne reposait autrefois sur un ordre moral mondial. Des attitudes telles que la confiance, la fidélité, la sincérité, la honte et la générosité ont perdu du terrain. Au lieu de cela, nous pouvons aujourd'hui observer, sous couvert de 'tolérance', une pensée politique du pouvoir orientée et hypocrite, et une poursuite arrogante et sans scrupules des intérêts personnels." (21.11.2008)

Helsingin Sanomat - Finlande | 21.11.2008

Marjut Jyrkinen et Suvi Keskinen sur la violence contre les femmes en Finlande

En Finlande, la violence contre les femmes constitue un problème social majeur. C'est ce qu'expliquent Marjut Jyrkinen et Suvi Keskinen de l'université de Tampere, dans une tribune publiée dans le principal quotidien de Finlande, Helsingin Sanomat : "Les tragédies familiales récentes – quatre morts à Oulu, deux à Porvoo et deux autres à Helsinki – s'expliquent par des difficultés économiques, des dépressions ou la 'douleur de l'échec'. On parle de façon erronée de décès dans la famille et de suicides répandus. La Finlande est un Etat fortuné dans lequel la population vit plutôt bien. Pourtant, toutes les deux semaines, une femme est tuée par son mari ou par son ex-mari. … Par rapport à sa population, la Finlande fait partie des pays dans lesquels la fréquence de femmes tuées est la plus élevée. La violence des hommes contre les femmes est un problème sérieux et très répandu en Finlande. … Ce qui caractérise la violence faite aux femmes, c'est qu'il ne s'agit pas de dérapages individuels mais d'une violence continuelle et persistante. … La violence et l'abus de pouvoir sont rarement dus au hasard. … L'image traditionnelle de l'homme continue d'être largement répandue en Finlande, même si le rôle des femmes et leur niveau d'éducation ont considérablement évolués au cours des dernières années." (21.11.2008)

Világgazdaság - Hongrie | 20.11.2008

Joseph E. Stiglitz sur la crise économique mondiale

Dans le journal économique Világgazdaság, le Prix Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz réfléchit à la crise économique mondiale. "Le monde sombre actuellement dans une crise financière qui sera selon les prévisions la pire depuis un quart de siècle, et peut être même depuis la crise économique mondiale de 1929. Cette crise est à bien des égards 'Made in America'. … Les pays qui avaient déjà avant la crise un gros déficit de la balance commerciale et un endettement élevé, souffriront plus que les autres. Ceux qui n'ont pas encore complètement libéralisé leurs marchés financiers et leurs marchés de capitaux, comme la Chine, pourront s'estimer heureux de ne pas avoir cédé à la pression du ministère des Finances américain. … Les vieilles institutions ont reconnu la nécessité de réforme, mais elles ont avancé à un rythme de tortue. Elles n'ont rien entrepris pour empêcher la crise actuelle. Se pose en outre la question de l'efficacité des réactions de ces institutions. … Après la crise économique mondiale, le monde a eu besoin de 15 ans et d'une guerre mondiale pour trouver une orientation et pour s'occuper des faiblesses du système financier mondial qui avaient contribué à provoquer la crise. Reste à espérer qu'il ne faudra pas autant de temps cette fois-ci : étant donné les fortes interdépendances mondiales, les coûts à payer seraient tout simplement trop élevés. … Il est devenu clair que les dogmes économiques qui sous-tendent les institutions existantes de Bretton-Woods [Banque mondiale, Fonds monétaire international] ont échoué non seulement dans les pays en développement mais aussi dans les pays clés du capitalisme." (20.11.2008)

Financial Times - Royaume-Uni | 20.11.2008

Marta Dassù sur le paradoxe européen

Marta Dassù, directrice de l'Institut Aspen en Italie, écrit dans le quotidien Financial Times qu'une Europe fragmentée empêche d'atteindre l'objectif déclaré d'une action multilatérale de l'UE : "C'est là que réside le paradoxe européen. Depuis une décennie, les Européens sont les plus grands défenseurs d'une forme de gouvernance 'réformée' et multilatérale. Ils ont joué un rôle décisif dans la réponse à la crise financière et ont eu l'idée d'un nouveau 'Bretton Woods' (quelqu'en soit son contenu détaillé). Or, une Europe fragmentée constitue aussi une entrave à cet objectif précis [celui d'une forme de gouvernance multilatérale] : pourquoi le reste du monde devrait-il avoir face à lui une foule de peuples prétendant tous parler au nom de l' 'Europe' ? En vérité, les Européens sont aujourd'hui surreprésentés dans toutes les institutions internationales. Il serait incontestablement sensé de parler d'une même voix au sein du Fonds monétaire international. Chacun sait pourtant que ce n'est pas près d'arriver. Ce paradoxe ne peut pas perdurer si les Européens veulent être pris au sérieux quand ils prennent parti pour des réformes de gouvernance internationales. Au lieu de parler de façon abstraite d'une voix de l'UE unique, les Européens devraient forger des arrangements pragmatiques pour simplifier et rendre plus efficace leur représentation externe." (20.11.2008)

Delo - Slovénie | 19.11.2008

Barbara Kramžar sur le nationalisme en Europe de l'Est

Sur fond de tensions croissantes entre la Hongrie et la Slovaquie, Barbara Kramžar s'interroge sur la recrudescence du nationalisme dans les deux pays. "La colère de la minorité hongroise de Slovaquie … est grande, mais le Premier ministre Fico dirige toujours une coalition comprenant un nationaliste radical. … La Hongrie n'est pas complètement innocente non plus. … Le pays traverse surtout une période de marasme économique dont la fin n'est pas en vue. Si le seul problème c'était les dettes, ce ne serait pas grave. … Mais comme les dettes sont les seules à augmenter en Hongrie depuis quelque temps, la pays aurait besoin de politiques courageux capables de collaborer en temps de crise. Au lieu de cela, les membres de l'opposition quittent l'hémicycle dès que le Premier ministre commence à parler. Mais même Ferenc Gyurcsany a un cadavre dans le placard. … Avec de tels politiques, le peuple cherche de toute évidence refuge auprès d'extrémistes qui propagent leur haine sans entraves. … Avec la crise, le Premier ministre slovaque s'attend à une croissance de cinq pour cent. … Mais qu'en sera-t-il de ceux pour lesquels les choses vont se dégrader, et qui ne sont toujours pas libérés d'utopies sociales ayant tendance en Europe à dériver rapidement vers le nationalisme ? Une décennie de privations a suffi à provoquer la montée fulgurante du nationalisme serbe qui a conduit à la guerre en Yougoslavie. … La démocratie en Europe, espérons-le, trouvera plus facilement une solution." (19.11.2008)

Information - Danemark | 19.11.2008

Strømberg Hansen cherche un nouveau système social

La crise financière et climatique fait naître la nécessité d'un nouveau système social basé sur la démocratie de droit, estime l'investisseur indépendant et membre de l'association juridique danoise, Strømberg Hansen, dans le quotidien Information : "Le point central du système actuel, c'est bien que la politique de redistribution n'est pas sociale. Les revenus du travail sont soumis à une lourde fiscalité tandis que les revenus du capital dénué de travail sont à peine imposés. … L'idéologie de droit démocratique se distingue clairement aussi bien des politiques de gauche et de droite que des politiques centristes. … L'égalité économique dans les systèmes socialistes et l'aspiration à l'inégalité des libéraux, sont insignifiantes du point de vue du principe de démocratie de droit. Mais quand il s'agit d'égalité devant la loi et de possibilités égales pour tous, quelque soit le sexe, la race et la religion, le concept d'égalité est central. … Au cœur de la crise économique mondiale réside la question suivante : pourquoi ? La réponse centrale doit nommer la bulle financière des entreprises. L'amortissement du capital a ouvert de gigantesques possibilités pour créer de la valeur sans production. Un système social de démocratie de droit n'autoriserait pas cela." (19.11.2008)

Heti Világgazdaság - Hongrie | 18.11.2008

Aladár Horváth sur Obama et les Roms de Hongrie

Dans l'hebdomadaire progressiste Heti Világgazdaság, le président de la Fondation pour les droits civiques des Roms, Aladár Horváth, réfléchit aux répercussions de l'élection de Barack Obama comme président des Etats-Unis sur la minorité rom. "Parmi les membres de la minorité rom de Hongrie, une question surtout se pose actuellement : est-il imaginable que l'un d'entre nous parvienne un jour à la tête de l'Etat ? … Le brillant succès d'Obama pourrait en tout cas donner espoir aux innombrables enfants roms pauvres : yes, we can. … Seuls quelques rares potentiels Obama peuvent réussir à se sortir du monde étroit et isolé des ghettos roms. … Un futur Barack viendra plutôt des familles roms ambitieuses qui sont parvenues à mettre un pied dans la société dominante et à envoyer leurs enfants à l'école. … Les jeunes politiques et les intellectuels roms sont encore trop faibles aujourd'hui pour pouvoir briser les murs épais de l'exclusion raciste et sociale. … Obama pourrait toutefois contribuer à ce que le discours politique relatif aux Roms change en Hongrie. Mais quand la peur réciproque, la misère et la violence provoquée par l'exclusion prendront-elles fin une fois pour toute ? Il s'agit ici de vies humaines !" (18.11.2008)

Mladá fronta DNES - République tchèque | 18.11.2008

Jan Jandourek sur la nostalgie en République tchèque

La République tchèque a célébré lundi la Révolution de velours qui a mis fin, il y a 19 ans, au régime communiste totalitaire de la République socialiste tchécoslovaque (ČSSR) de l'époque. Dans le quotidien progressiste Mladá fronta DNES, Jan Jandurek commente de récents sondages révélant que de nombreux Tchèques éprouvent une certaine nostalgie à l'égard de la période d'avant la transition. "Tout n'était pas mauvais, dit-on à propos de la période communiste. Il est certain que, par exemple, il n'y avait pas de chômage dans les camps de travaux forcés. … Nous rayons souvent de notre mémoire tous les souvenirs désagréables d'autant plus que nous savons que tout s'est finalement bien terminé. Il est clair qu'un prisonnier politique ayant travaillé dans les mines d'uranium a peu de raison d'être nostalgique car l'histoire vit toujours en lui. Presque aucun crime des communistes n'a encore été expié. Et pourtant ils ont ruiné de nombreuses choses : institutions, écoles, partis politiques, associations, petites et moyennes entreprises ou agriculteurs privés, qui seraient tous les porteurs d'une mémoire historique. Même la liquidation physique ou l'expulsion a participé à l'interruption de la continuité et à la perte des traditions. … Non, en ČSSR - comme sur le Titanic – tout n'était pas mauvais. Mais tout compte fait, cela aura plutôt été une catastrophe." (18.11.2008)

Financial Times - Royaume-Uni | 17.11.2008

Mark Mazower sur la xénophobie en Europe

L'historien Mark Mazower s'intéresse dans le quotidien Financial Times à la xénophobie en Europe : "Les Européens ont du mal à s'habituer à un monde daltonien. Leur hésitation augmente même. En Autriche, l'extrême droite a obtenu des scores importants lors des élections de septembre. ... Selon les dernières études, l'Europe dans son ensemble est devenue nettement plus xénophobe ces dernières années. La peur du terrorisme islamiste et les craintes liées à la mondialisation ont alimenté cette tendance. Ces mêmes facteurs ont également [provoqué] un sentiment négatif vis-à-vis de l'Union européenne en corrélation étroite avec la rhétorique anti-immigration. ... Culturellement, la mondialisation pousse nombre d'Européens – pro-européens ou antieuropéens – vers une sorte de conservatisme. Tandis que le continent se bat pour se convertir en une force politique capable d'agir sur la scène mondiale aux côtés des anciennes colonies, comme les Etats-Unis et l'Inde, ou de puissances émergentes comme la Chine, ses élites ont en mémoire une époque où l'Europe transmettait ses valeurs au monde. ... Trop d'Européens parlent et agissent encore comme si leur mission était la défense de la civilisation occidentale contre les barbares. ... Les Européens vivent dans des sociétés multi-ethniques de plus en plus mondialisées mais leurs points de vue sont encore marqués par la mentalité du 19e siècle." (17.11.2008)

Revista 22 - Roumanie | 17.11.2008

Pessimisme à la veille des élections en Roumanie

Un nouveau Parlement doit être élu le 30 novembre en Roumanie. L'hebdomadaire Revista 22 porte un regard pessimiste sur ces élections. "On manque de rêves, ou pour être plus précis, d'une projection de la Roumanie qui soit différente de ce qu'elle est aujourd'hui, avec une classe politique qui représente une symbiose entre des éléments des services secrets et de la nomenklatura communiste d'hier et d'aujourd'hui. La projection d'une Roumanie dans laquelle tous les citoyens sont égaux devant la loi, dans laquelle celui qui mène une banque à la faillite ne s'en tire pas en toute impunité. … Mais l'électeur pourrait avoir perdu tout espoir. Il est devenu aussi cynique et égoïste que la classe politique. … Il est évident que la classe politique actuelle a épuisé son potentiel. Elle a eu le grand mérite de fournir de fournir une génération d'hommes politiques qui a agi pendant la transition de telle manière qu'elle n'a pas commis d'erreurs majeures entravant la voie vers l'Occident. Dans ces conditions, l'OTAN et l'UE étaient fermement décidées à intégrer la Roumanie. Les choses se sont compliquées aujourd'hui. On parle désormais d'un processus de plusieurs années prévoyant une véritable modernisation du pays, pour laquelle cette élite politique ne dispose ni d'un projet ni de la capacité de la réaliser. C'est une génération fatiguée qui a gâché ses possibilités." (17.11.2008)


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